Le monde qui vient, 3ème partie.

Dans les deux premières parties de cet article j’ai exposé comment les magnats du productivisme ont pris conscience, vers 1970, de la finitude du modèle qui leur a permis d’accumuler des richesses et un pouvoir inouïs dans l’Histoire. J’ai également … Lire la suite

Le monde qui vient. 4ème partie

Le monde qui vient. 4ème partie Nous avons donc vu comment les puissances et les magnats de l’industrie et de la finance ont anticipé, depuis les années 1970, la crise du productivisme qui a lieu aujourd’hui. A la phase d’anticipation, … Lire la suite

Le monde qui vient 2ème partie

« Aujourd’hui les Américains seraient indignés si les soldats de l’ONU entraient à Los Angeles pour rétablir l’ordre, demain ils en seront reconnaissants. Cela serait particulièrement vrai si on leur disait qu’il existe une menace extérieure à notre monde, qu’elle soit réelle ou inventée, qui metterait en péril notre existence même. C’est alors que tous les peuples du monde prieront les leaders mondiaux de les délivrer de ce mal. La seule chose que chaque homme craint est l’inconnu. Lorsqu’on leur aura présenté ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés pour la garantie du bien-être qui leur sera accordée par leur gouvernement mondial. »

– Henry Kissinger parlant à Evian, en France, le 21 mai réunion de 1992 du groupe Bilderberg.

La fin de la Liberté – L’État policier mondial

Lors des quatre dernières décennies, depuis 1970 environ, nous avons connu un processus de changement de régime, une évolution de ce qu’on appelait alors le « concert des nations » vers un nouveau système mondial, globalisé. Dans l’ancien système, les nations du premier monde ont été relativement démocratiques et prospères, tandis que le tiers-monde a souffert sous la tyrannie d’états policiers, la pauvreté de masse, et l’impérialisme des nations développées, c’est à dire l’exploitation de leurs ressources par des puissances extérieures. La transition a été caractérisée par ce que j’ai appelé le « franchissement du Rubicon » c’est à dire l’introduction des pratiques jusqu’ici réservées au tiers-monde au sein même des pays dits développés.

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Ainsi la servitude pour dettes, maladie chronique du tiers monde est devenu notre réalité quotidienne. Logiquement, la pauvreté de masse traversera à son tour ce même Rubicon, en raison des mesures d’austérité imposées par les troïkas bancaires aux pays du nord ou par les hommes politiques restants échaudés par les débarquement sans ménagement des chefs de gouvernements italien et grec.

L’impérialisme va aussi franchir le Rubicon, mais au lieu que le contrôle et l’exploitation des ressources se fasse par une puissance extérieure, elle se fera au profit d’une caste à la fois globale et apatride relayée par une bureaucratie mondialisée à ses ordres. Sans surprise, l’état policier franchit lui aussi le Rubicon : l’imposition d’un niveau de pauvreté tiers-mondiste dans le monde entier implique des méthodes de répression tiers-mondistes mais avec la manière ! Un domaine où notre « savoir faire » fait déjà la fierté de certains de nos politiciens comme l’inénarrable MAM qui en faisait même un produit à exporter auprès des trop grossier dictateurs d’outre méditerranée.

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Le mouvement anti-mondialisation peut être considérée comme le début de la résistance populaire au processus de changement de régime. De même, l’intervention de la police de Seattle manifestations antimondialisation, en Novembre 1999, peut être considérée comme la « traversée du Rubicon » pour la tyrannie de l’état policier. La violence excessive et arbitraire de cette répression a marqué un grave retour en arrière aux méthodes répressives du XIXe siècle dans les pays industrialisés.

Ironiquement, cette intervention de la police, largement médiatisé, a finalement renforcé le mouvement anti-mondialisation. Et au fur et à mesure que les manifestations prennent de l’ampleur la répression devient plus violente. Un point culminant a été atteint à Gênes, en Juillet 2001, lorsque le niveau de violence des deux côtés ont atteint celui d’une véritable guérilla.

Depuis, le mouvement anti-mondialisation et l’opposition à la mondialisation ont atteint des proportions massives dont seul le contrôle systématique des médias permet de dissimuler la véritable ampleur. Et ce mouvement n’est que la pointe visible d’une réaction anti-systémique profonde et massive. Un mouvement qui, faute de trouver une expression légitime dans les organes légitimes de la démocratie a commencé à prendre un tournant radical dans son rejet du système comme dans ses actions comme on a pu le voir en Grèce mais aussi à Wall Street. L’immuabilité du système a fait naitre le sentiment qu’il n’y a rien à attendre d’une trop hypothétique réforme et de plus en plus de gens pensent que seule une révolution, induite par l’opposition politique ou provoquée par son effondrement inévitable permettrait de modifier le cours des événements.

Cette révolution du système se serait sans doute produite si, entretemps, il n’y avait pas eu les événements du 11 Septembre 2001. Ce jour là, le mouvement antimondialisation a pratiquement disparu en même temps que les jour où les tours du World Trade Center s’effondraient. Soudain, l’opposition à la globalisation a fait face à un tout nouveau scénario d’opposition globale, avec un tout nouvel ennemi, fantomatique, le « terrorisme », justifiant toutes les privations de libertés, la mise au rebut des conventions de Genève, l’autorisation de la torture, des détentions extrajudiciaires, l’interventionnisme militaire tout azimut (justifié par des pseudo intellectuels et des pseudo humanistes), le meurtre « ciblé », l’imposition des l’état d’urgence permanent dans ce que était autrefois convenu d’appeler « le monde libre ».

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Sans cet événement aux circonstance particulières dont il n’est toujours pas permis de remettre en cause le déroulement officiel, le mouvement anti-systémique aurait constitué de prendre de l’ampleur au cours de la décennie 2000-2010 et il n’aurait pas été possible de lui opposer les mesures de répression policières dont disposent aujourd’hui les états occidentaux. Aujourd’hui, et on l’a vu à Wall-Street comme en Grèce, les pouvoirs arbitraires de la police permettent de réprimer efficacement les mouvements populaires de résistance au processus de mondialisation.

La décennie de « guerre contre le terrorisme » a permis la mise en place progressive d’une société du contrôle généralisé, numérique, policier et médiatique dans lequel l’élite, retranchée dans ses limousines aux vitres opaques et ses réunions secrètes, n’hésite pas à exploiter les dernières techniques modernes de mind-control pour influencer le comportement du public et atteindre des objectifs politiques de moins en moins secrets.

Cette mise en place a été possible par la sélection et la mise en responsabilité de politiciens sans grande envergure intellectuelle ni culturelle, d’autant plus facilement contrôlés dans l’ombre par des spin-doctors qu’ils sont égotiques et affublé d’importants complexes ou de failles de la personnalité qui les rendent à la fois fragiles et dépendants.

Ainsi Bush junior, Blair, Sarkozy et Obama ont ceci de commun que chacun semble étrangement ne pas avoir été taillé pour le poste qu’ils ont pourtant « conquis » et accumulent des caractéristiques qui nous aurait autrefois semblé invraisemblables pour des responsables d’une telle « carrure » : Un président à talonnettes qui se hausse sur la pointe des pieds pour la moindre photo officielle, un prix Nobel de la paix qui n’a rien fait pour mériter sa distinction, des chefs d’états qui nous expliquent sans rire comment ils ont sauvé le monde, purgé les paradis fiscaux, réformé le capitalisme, vaincu le terrorisme et toutes sortes d’effets d’annonces invraisemblables que les médias s’empressent de colporter sans la moindre distanciation.

imageTout se passe comme si l’ensemble des sociétés évoluées avait perdu tout sens critique, toute capacité d’analyse et assistait amorphe au spectacle d’une comédie où personne n’ose dire que le roi est nu et qu’il n’est même plus le roi.

A cette évolution comique de la société occidentale, a correspondu une évolution dramatique de la situation de l’environnement.

J’ai consacré quelques article à ce phénomène et aux liens de cause a effet qu’on peu trouver entre la situation actuelle et la stratégie décrite en 1970 par Zbigniew Brzezinski (secrétaire d’état à la sécurité nationale de plusieurs présidents US) dans son livre Entre deux âges : Rôle de l’Amérique dans l’ère technétronique.

Force est de constater que la dégradation de la situation environnementale a été l’occasion de définir pour la première foi un agenda politique de gouvernance mondiale lors du sommet de Rio de 1992 qui a pris le nom d’Agenda 21 et dont le but non dissimilé est de forger la société du 21e siècle. L’agenda21, discrètement mais sûrement, s’applique désormais à tous les échelons de la bureaucratie mondiale, du sommet de l’ONU jusqu’à la moindre mairie de part le monde..

La révolution culturelle de l’ère post-capitaliste – de nouveaux mythes pour une Nouvelle Culture

2012 sera une année charnière. Tout les peuples du monde le savent, même si personne ne sait pourquoi.

Pourquoi ? Parce que Hollywood, Internet, les média nous l’on prédit. Il n’y a rien de rationnel dans ces prophéties chargées de symbolisme et il est assez peu crédible que le simple intérêt anecdotique pour la fin du calendrier maya soit l’origine de la psychose planétaire qui s’est emparé des gens.

Cette psychose a en effet été générée et entretenue par des moyens identifiables et répétés qui ont nécessité des investissements importants et des relais médiatiques considérables.

La prolifération des zombis et des vampires dans les fictions hollywoodiennes et les jeux vidéos, la récurrence entêtante du thème de la catastrophe apocalyptique dans la culture du début du XXIe siècle contraste étrangement avec les siècles de culture humaniste qui ont précédés et s’accorde trop étrangement avec l’abandon des valeurs politiques traditionnelles de l’occident (non ingérence, autodétermination des peuples, conventions de Genève, conventions du travail, valeur de la vie humaine), pour n’être qu’un hasard.