Et Saint Pierre marche sur l’eau…

Suite à mon article « Sortez milieu d’elle », je me suis demandé comment je pourrais imageexpliquer la fin de Babylone d’une façon qui ne blesse ni ne décourage d’éventuels lecteurs de rite Catholique Romain mais qui puisse les éclairer de manière constructive.

Le siège apostolique perdu.

C’est peu dire que la perte de Rome a profondément marqué l’orthodoxie. En fait, l’Eglise orthodoxe n’a jamais véritablement su comment gérer l’hétérodoxie qui s’est installée à Rome, car il ne s’agissait pas d’un quelconque évêché de seconde zone, contre lequel un anathème suffirait pour tourner la page, mais de tout un siège apostolique et pas de n’importe lequel, de celui qui fût longtemps le premier, en terme protocolaire,  de l’Eglise.

Ainsi, en dépit des anathèmes, l’Eglise orthodoxe a continué d’appliquer à Rome les dispositions du canon des apôtres interdisant à un évêque de se mêler de la façon dont est géré un diocèse qui n’est pas sous sa responsabilité. De sorte qu’en dépit de son hétérodoxie, l’évêque de Rome reste pour l’Eglise orthodoxe le patriarche de l’Eglise d’occident et elle s’interdit de développer en occident une hiérarchie concurrente à celle de l’Eglise latine.

Comment être orthodoxe en occident?

Aussi, un chrétien orthodoxe ne doit pas faire du prosélytisme en Europe occidentale. Me voici donc entre deux lignes rouges qui contraignent mon récit : d’un côté le christ dit aux Catholiques « sortez du milieu d’elle » et de l’autre le canon des apôtres m’interdit de leur dire « rejoignez l’orthodoxie ».

Cette contradiction est en fait apparente et c’est un pope qui, dans l’homélie de dimanche dernier m’a donné la clef pour l’expliquer.

Son homélie a porté sur un des épisodes des Evangiles les plus connus, celui dans lequel Jésus marche sur l’eau. Voici comment Saint Matthieu l’a relaté (14:22 et +)

imageJésus marchant sur les eaux. Miracle ou parabole?

« Aussitôt Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renverrait les foules. Quand il les eut renvoyées, il se rendit dans la montagne, à l’écart, pour prier. Le soir venu, il était là, seul. La barque était déjà à une bonne distance de la terre, elle était battue par les vagues, car le vent était contraire. Vers la fin de la nuit, Jésus vint vers eux en marchant sur la mer. En le voyant marcher sur la mer, les disciples furent bouleversés. Ils disaient : « C’est un fantôme », et la peur leur fit pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla : «Confiance ! C’est moi. N’ayez pas peur!» Pierre prit alors la parole : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau. » Jésus lui dit : « Viens ! » Pierre descendit de la barque et marcha sur les eaux pour aller vers Jésus. Mais, voyant qu’il y avait du vent, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il cria : « Seigneur, sauve-moi ! » Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit et lui dit : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » Et quand ils furent montés dans la barque, le vent tomba. Alors ceux qui étaient dans la barque se prosternèrent devant lui, et ils lui dirent : « Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! » « 

L’exégèse la plus courante, et qui fut celle lors de l’homélie du pope, est que la barque symbolise l’Eglise, les apôtres représentent les chrétiens. L’éloignement puis le retour du christ préfigurent la passion et la parousie. Les vagues et le vent sont présentés comme les périls de l’existence desquels seule une foi solide nous sauve, avec l’aide de Dieu.

Nous allons tenter d’aller plus loin et tâcher de voir s’il n’y a pas un message à l’attention des chrétiens qui vivent les temps eschatologiques.

En effet on peut imaginer que cette barque aux prises avec les flots impétueux en pleine nuit puisse parfaitement symboliser l’Eglise dans la tourmente des derniers temps. Mais reprenons le passage depuis le début : le texte dit que c’est Jésus qui contraint ses disciples à embarquer dans cette frêle embarcation, de même qu’il a « embarqué » les chrétiens dans son Eglise tout en sachant qu’ils seront haïs, persécutés et même tués à cause de Son nom. Rappelons-nous aussi que l’Apocalypse nous explicite le symbole des flots de la façon suivante : « ce sont les peuples et les nations ». De même que la barque des apôtres est amenée à parcourir les flots pour atteindre l’autre rive de Génésareth, le destin de l’Eglise est de sillonner les nations jusqu’à ce qu’apparaisse la Terre nouvelle que le christ nous a promise.

Pendant ce temps, nous dit Saint Matthieu Jésus s’isole en haut de la montagne pour prier, comme Moïse sur le Sinaï. Autrement dit il va au Père, pendant que les disciples naviguent, laissés à eux-mêmes, contre des vents contraires. C’est la situation de l’Eglise entre les deux parousies du Christ sur Terre.

C’est la tombée du jour, les ténèbres recouvrent les eaux du lac comme l’apostasie et l’anomie se répandent sur les nations.

Toute la nuit les disciples luttent contre les éléments contraires, et voilà que nous sommes à la dernière heure de la nuit, la plus sombre, celle qui précède l’aurore, comme les ténèbres les plus épaisses annoncent le Jour du Seigneur.

Alors, Jésus va à la barque en marchant sur les eaux. De même il reviendra vers nous lors de Sa seconde parousie.

Mais les disciples s’inquiètent : quelle est donc cette apparition fantomatique? Cette frayeur annonce que la seconde parousie du Christ sera inattendue, surnaturelle, impressionnante et effrayante. Comme à ses disciples isolés dans leur barque , les circonstances présentes nous semblent de plus en plus terrifiantes. « Confiance ! » nous encourage la prophétie, « C’est Lui qui vient. N’ayons pas peur! » prophétisant non seulement l’angoisse qui va étreindre le monde mais aussi les signes clairs que Dieu enverra aux chrétiens pour les rassurer et qui semblent se multiplier aujourd’hui.

Alors se passe quelque chose d’inattendu et c’est encore une fois Saint Pierre qui en est la cause. Décidément Saint Pierre est l’apôtre des exagérations. C’est lui qui tire le glaive, qui refuse de se faire laver les pieds, qui se précipite tout nu dans a rue, qui renie le christ par trois fois…

Un miracle peut en cacher un autre.

Comme nous l’avons vu dans de précédents articles, Saint Pierre semble incarner une vivante prophétie de l’Eglise Romaine et en effet l’Eglise de Rome aime à s’identifier avec Saint Pierre quitte à négliger les oeuvres et l’héritage des autres apôtres. Ainsi si Saint Pierre symbolise l’Eglise latine, Saint André le Protoklite (le premier appelé) symbolise l’Eglise grecque. Ce fut lui qui ammena son frère Saint Pierre au christ, de même que ce sont des évangélisateurs grecs, comme Saint Denis, qui amenèrent la foi en Italie, en Espagne et en Gaule. Ainsi l’Eglise de Rome faisait la liturgie en grec avant d’adopter le latin. De même quand quelques Grecs demandèrent à voir Jésus (selon Saint Jean 12:20) c’est à Saint André qu’ils s’adressèrent. Saint André fut martyrisé à Patra, en Achaïe (Grèce continentale).

Mais revenons au récit. Saint Pierre demande alors une chose absolument incongrue à Jésus. Comme les autres apôtres, il veut une preuve de l’identité du christ. Mais, au lieu de lui demander simplement de faire un signe permettant de s’en assurer, il demande à imiter lui-même le christ en marchant sur l’eau!

N’est-ce pas étrange que la plupart des gens soient marqués par le fait que Jésus marcha sur l’eau, alors que le véritable miracle, le plus saisisant ce n’est pas que le Seigneur ait marché sur l’eau mais plutôt que Saint Pierre, simple Homme, en fit de même de sa propre volonté?

Ne faisons donc pas la même erreur et intéressons nous donc à la véritable vedette de ce passage des Ecritures :

Et Saint Pierre marche sur les eaux!

imageRendons donc à Saint Pierre la vedette et intéressons nous aussi à ses rapports avec les autres apôtres. Enfin, tachons de rendre évident tout ce que le texte implique entre les lignes.

Saint Matthieu nous dit que voyant une silhouette sur les eaux, « la peur leur fit pousser des cris« . On imagine très bien l’ambiance dans la barque. Après une nuit blanche, trempés, gelés, loin de toute terre, les disciples se demandent si l’aventure n’a pas pris un mauvais tournant et s’ils ne vont pas tous périr noyés. Il suffit qu’à la fureur des éléments vienne s’ajouter cette apparition fantomatique de Jésus pour que leur angoisse intérieure jaillisse en cris de terreur.

Aussitôt Jésus cherche à les rassurer : «Confiance ! C’est moi. N’ayez pas peur!»

Les pierres ça coule!

On comprend aisément que les disciples ne soient qu’à moitié confiants! Dans la barque, les apôtres doivent s’entreregarder ne sachant trop que penser. Doivent-il faire confiance à ce fantôme qui dit être le christ? N’est-ce pas un tour du malin?

Or ce que Saint Pierre va proposer comme preuve de confiance défie toute logique : il va se mettre encore plus en péril en quittant la barque.

On imagine très bien ce que les autres disciples ont pu se dire en voyant cela. Saint Thomas, qui doute toujours, devait lui dire « Pierre, n’oublie pas que tu es pierre, et que tu va couler comme une pierre! » Son frère Saint André devait tenter de le raisonner et de le retenir par la tunique en lui criant « Cesse tes fanfaronnades et remonte à bord! » cependant que les autres faisaient contrepoids de l’autre côté de la barque en râlant : « Mais vous êtes fous? Arrêtez! Vous allez tous nous faire chavirer!« 

C’est que, en toute logique, le geste de Saint Pierre ne peut avoir que deux issues : Si le fantôme est bel et bien le christ, tout ira bien : il aura la preuve que c’est bien Lui en le rejoignant à pied sur les eaux. Mais si à l’inverse ce n’est, comme ils le redoutent, qu’un fantôme, et alors c’est la noyade assurée… Drôle de test!

Donc quelque chose ne va pas dans le récit. N’importe qui de raisonnable serait resté bien à l’abri dans la barque et aurait demandé un signe qui n’aggrave pas sa situation.

Il y a donc vraisemblablement un sens métaphorique à cet improbable geste de casse-cou. Voyons si une analyse nous permettra d’en faire ressortir quelques éléments permettant de fonder une interprétation herméneutique.

1) C’est une initiative téméraire de Saint Pierre.

2) Elle consiste à imiter le christ dans ses pouvoirs surnaturels.

3) Elle amène Saint Pierre à quitter les autres apôtres et la barque commune pour s’aventurer seul sur les flots.

4) Elle se solde par un échec pour Saint Pierre qui a (cette fois aussi) surestimé ses capacités qu’un vent maléfique met à l’épreuve.

5) Si Christ a permit que Saint Pierre fut mis à l’épreuve, c’est Lui aussi qui le sauve d’une noyade certaine.

imageDe Saint Pierre à son siège apostolique.

Voyons ce que cela donne si nous cherchons à transposer la péripétie de Saint Pierre à l’Eglise de Rome :

1) Rome prendra des initiatives que les autres sièges apostoliques jugeront téméraires.

2) Les initiatives de Rome consisteront à prétendre obtenir du christ des pouvoirs surnaturels imitant ceux du christ lui-même.

3) Cela amènera Rome à s’éloigner des autres sièges apostoliques et à quitter la sûreté où demeurent prudemment les autres sièges apostoliques pour s’aventurer seule sur les nations.

4) Cela aboutira à un échec de la péripétie de l’Eglise romaine qui a surestimé ses capacités au point de risquer de sombrer corps et bien dans l’abîme.

Jusque là nous trouvons de véritables moments clefs de l’histoire de l’Eglise Romaine qui correspondent avec exactitude à ces 4 premiers points.

En l’occurrence il est indéniable que Rome a prit des initiatives unilatérales (par exemple modifié unilatéralement le Crédo) qui ont amené le siège pétrinien romain à s’éloigner des autres sièges apostoliques jusqu’au schisme.

De même les papes on bel et bien prétendu recevoir du christ des pouvoirs surnaturels, notamment celui de l’infaillibilité pontificale.

De même ils imitent le christ en ce qu’ils prétendent que le salut de tous les chrétiens passe par eux et la soumission à Rome.

L’Eglise Catholique Romaine a « marché sur les flots » en se disant universelle et en assujettissant les peuples et les nations.

Mais voici qu’un vent mauvais se lève et que l’Eglise Catholique Romaine, jadis toute puissante est désormais en crise. A l’image de Saint Pierre, après un excès d’assurance, c’est un manque de foi qui saisis L’Eglise Romaine. Elle perd ses ouailles. Fidèles et prélats doutent. Les dogmes changent, les rites aussi. Les églises se vident. Voici l’Homme de peu de foi.

Nous en sommes donc aujourd’hui à ce point du récit où Saint Pierre redoute de sombrer corps et bien.

Saint Pierre ne s’est pas noyé!

Représentation traditionnelle de l'Eglise orthodoxe sous la forme d'une nef.

Représentation traditionnelle de l’Eglise orthodoxe sous la forme d’une nef. Sur la rive, les ennemis de l’Eglise, avec à gauche l’Antichrist armé d’un arc et derrière lui un évêque oriental soudoyé. Le dragon représente le « New age ». A droite, un pape et deux hiérarques orientaux apostats sont entourés de démons. Fresque du monastère de la transfiguration du Sauveur à Phlamourios (Pèlion, Grèce)

Voici donc la bonne nouvelle qu’apporte cette prophétie : Saint Pierre ne s’est pas noyé. Le christ tendit la main pour ramener Saint Pierre dans la barque commune où l’attendaient les autres apôtres. Comment ne pas voir dans ce sauvetage la prophétie que le christ interviendra pour repêcher l’Eglise des chrétiens d’occident, et les ramener dans la sûreté de notre barque commune, la pleine communion avec les Eglises orthodoxes?

Voici donc comment se résout mon dilemme de tantôt : c’est le Christ lui même qui interviendra pour le salut de l’occident chrétien. Les Catholiques seront ramenés promptement par la main de Dieu dans la barque où se trouvent les autres sièges apostoliques : l’Eglise orthodoxe.

Quand et comment cela se produira-il? Tout ce que je peux dire c’est que tout semblera perdu pour l’Eglise Romaine. Que la main de Dieu est toute puissante et le sauvetage sera à la hauteur de cette toute puissance. Enfin, Il n’y aura manifestement pas de conversion individuelle des Catholiques à l’orthodoxie, mais un retour contraint et forcé de l’Eglise Romaine dans son entier à l’orthodoxie. La nuance est de taille!

Vraiment, tu es le Fils de Dieu !

Mais ce n’est pas tout. Car la prophétie nous dit que Jésus montera alors sur la barque avec Saint Pierre et les autres apôtres et alors le vent cessera d’agiter les flots. Autrement dit, le retour à l’orthodoxie de l’Eglise Romaine sera concomitant avec le retour du christ parmi nous.

N’ayez pas peur. Ayez la foi. Ne doutez pas. C’est tous ensemble que nous aborderons sur la rive de Génésareth en compagnie du christ.

IC XC NIKA

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8 réflexions sur “Et Saint Pierre marche sur l’eau…

  1. Je comprends que l’auteur cherche à interpréter l’épisode de Saint Pierre qui marche sur les eaux pour faire comprendre aux catholiques romains qu’ils doivent revenir à l’orthodoxie. Pour y arriver, il commence à poser une question qui ne m’était jamais venu à l’esprit : Miracle ou parabole ?
    Je ne peux même pas me la poser car je crois que Jésus a réellement marché sur l’eau.
    Je sais qu’il y a une tendance depuis 200 ans à réinterpréter toute la Bible, non comme une histoire, mais comme un récit inventé pour donner un sens à une foi qui ne repose plus sur des faits, mais sur un imaginaire édifiant. Je dis que ce courant est une déviation grave.
    Pourquoi est-ce que je refuse qu’on réduise le récit de Jésus qui marche sur les eaux à une parabole ? Parce que le récit prouve justement le contraire. Les apôtres en voyant Jésus marcher sur la mer sont bouleversés et pour comprendre ce qui se passe, ils disent : « c’est un fantôme », c’est-à-dire un être imaginaire, mais tellement impressionnant et terrifiant, qu’il leur fait pousser des cris. Mais aussitôt Jésus leur parla : « Confiance ! C’est moi, n’ayez pas peur ! »
    Il les ramène au réel et à la raison. Et aussi à la foi (« Confiance ! »). Les trois vont ensemble : Le réel, la raison et la foi. Pierre est le premier à se soumettre. Il se soumet à Jésus : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau ». Jésus lui dit : « Viens ! »
    Ce n’est pas comme dit Geocedille : une initiative téméraire ou Pierre se donnerait des pouvoirs surnaturels. C’est vraiment un acte d’obéissance dans la foi. Et si Pierre en vient à couler, c’est parce qu’il ne s’appuie plus sur Jésus, mais il se laisse impressionner par la violence du vent. Alors il revient à la foi : « Seigneur, sauve-moi » et Jésus lui montre que sa foi est encore insuffisante et qu’elle se laisse détruire par le doute.
    C’est vrai que ce récit, qui relate un fait réel, a une valeur symbolique. Il nous aidera notamment à comprendre la défaillance de Pierre au cours de la Passion du Seigneur lorsque le même Pierre reniera le Christ pas 3 fois.
    Jésus lui avait dit : « Simon, Simon, voici que Satan vous a réclamé pour vous cribler, comme on crible le froment, mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. » (Luc 22.31/32)
    Ce qui fait beaucoup réfléchir sur la mission de Pierre dans toute l’église.

    • A Riquet et aussi au prêtre qui lui a répondu.

      Je ne m’attendais pas à une adhésion spontanée de la part du clergé Catholique Romain à ma proposition d’interprétation herméneutique 🙂

      D’ailleurs je pense que le clergé orthodoxe aussi aurait à redire. C’est une reflexion personnelle et comme toute proposition herméneutique elle reste hypothétique jusqu’à demonstration par les faits.

      Cependant je ne comprends pas l’idée du prêtre selon laquelle le symbolisme interdirait la lecture historique. L’Eglise Catholique elle aussi donne des interpretations symboliques de la barque de Saint Pierre : « Jésus apparaît plusieurs fois avec ses disciples sur la barque de Pierre. L’image de cette barque, symbole de l’Eglise, fragile embarcation guidée par Dieu, est passée à la postérité. C’est sur cette barque que se sont déroulés trois évènements majeurs dans la vie des apôtres. Ces trois passages nous montrent comment la petite barque de Pierre est devenue Eglise. »

      Source : http://qe.catholique.org/la-personne-de-jesus-christ/14754-pourquoi-les-disciples-ont-fait-confiance-a

      La barque symbole de l’Eglise est aussi passée dans la Tradition iconographique byzantine comme l’illustre l’article. Il n’y a donc pas à choisir entre le mirâcle et la parabole.

      Le récit de Saint Matthieu explicite bien que cette aventure nautique a lieu sur ordre du Christ. Tout ceci était intentionnel et visait logiquement à enseigner quelque chose aux disciples et aux futurs chrétiens par le biais d’un mirâcle marquant, a moins de croire que Jésus accomplissait des mirâcles juste pour le fun.

      Enfin, il est dit clairement que Saint Pierre prend l’initiative : « Seigneur, si c’est bien toi, ordonne-moi de venir vers toi sur l’eau! »

      C’est un trait récurrent de Saint Pierre qui le différencie des autres apôtres. Il montrera la même initiative lors du lavement des pieds, lors de l’arrestation du christ et quand il promettera ne jamais le renier.

      C’est ce trait commun qui me fait penser que Saint Pierre, par ses actes, et leur corrections par le Christ prophétise l’Eglise et en particulier Rome.

      Tenter de marcher sur l’eau quand on vient de passer une nuit à éviter de faire naufrage est indubitablement un acte téméraire.

      Enfin, dernier point, la prise de risque de Saint Pierre ne confirme pas du tout l’identité de Jésus, ce qu’elle mesure c’est la force de la foi de Saint Pierre. Il y a un décrochement de sens dans le récit qui oblige à interpreter de façon parabolique.

      • Merci Geocedille.
        Mon abbé est trop éloigné de la modernité, d’internet, pour se plier à des outils incompris…
        Ta réponse, je ne lui ai pas communiqué car il ne veut pas rentrer dans des discussions polémiques sur un support qui n’est pas le sien.
        Quant à moi, j’ai réfléchi à cette notion de synergie qu’engloberait ton article, à savoir : Le réel (les faits et description des événements), la raison et la foi ( le miracle dans la tempête et la foi qui vacille) et la métaphore (l’épreuve de la barque puis le devenir de l’église)
        Donc oui, à mon sens ce texte de Saint Matthieu 14:22 est beaucoup plus riche qu’il n’y parait. Merci de nous l’avoir proposé et d’avoir osé sortir des sentiers battus pour proposer ton discernement et entrouvrir des portes avec des questionnements honnêtes qui interpellent le chrétien que je suis et qui cherche le Christ, malgré la vérité entière de la Bible.
        D’ailleurs, je dois réfléchir sur autre chose puisque mon abbé m’a demandé si je croyais en Jésus Christ ? Je lui ai répondu que : « je croyais en la vérité de la Bible ».
        Cela en dit long sur ma quête qui n’est que discernement de la raison vs foi.
        @+

        • Il fait sagement et il n’y a nulle raison de rechercher à polémiquer. En effet avoir une foi qui investi tout notre coeur, tout notre esprit et toute notre âme n’est pas du simple ressort de la raison. Nul ne peut jurer qu’aucun vent contraire ne pourra l’eclipser ne serait-ce qu’un moment. C’est pourquoi Jésus nous tends la main comme à Saint Pierre.

  2. Merci géo pour cet article,
    Connaissez vous cette émission corpus christi ?
    Long,mais très intéressant.
    (1)http://youtu.be/-58y1KNelKY

    (2)http://youtu.be/rtQZwhQllag

    (3)http://youtu.be/FcER8FprCA8

    (4)http://youtu.be/Rt9sBPSF8XI

    (5)http://youtu.be/mUjV4cNXhUw

    (6)http://youtu.be/HKRGnspd0uY

    (7)http://youtu.be/8qAGg4SjAOQ

    (8)http://youtu.be/HwGNbk3racI

    (9)http://youtu.be/07rcpNNQ2HI

    (10)http://youtu.be/zgsRMAMHnq8

    (11)http://youtu.be/_O3V38gr9To

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