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la basilique Montreale en Sicile, symbole des racines byzantines de l'Eglise Catholique

la basilique Montreale en Sicile, symbole des racines byzantines de l’Eglise Catholique

Des lecteurs me demandent quels sont les différences entre l’Eglise orthodoxe et l’Eglise Catholique Romaine. Je vais tâcher d’éclairer leur lanterne.

D’abord quelques repères historiques.

Jusqu’aux 7e concile oecuménique il y a unité de l’Eglise, laquelle est dirigée par une pentarchie (direction à cinq) composée des patriarches de Rome, Constantinople, Alexandrie, Jerusalem et Antioche. Le dogme et le credo sont définis lors des conciles oecuméniques. Le pape est « pimus inter pares » premier entre pairs, c’est à dire a une primauté honorifique et bénéficie d’un grand prestige dans toute la chrétienté.

A partir de 753, Rome ne fait plus partie de l’Empire Romain (lequel est gouverné depuis Constantinople) car Pépin le Bref a « offert » au pape l’exarchat de Ravenne (nord de l’Italie) en échange de son sacre. Le Pape de Rome devient le seul patriarche possédant un royaume temporel, les états pontificaux. En orient, Alexandrie, Antioche et Jérusalem tombent bientôt entre les mains des musulmans, laissant Rome et Constantinople dans une sorte de tête à tête religieux. Au IX siècle, les successeurs de Pepin le bref réclament le titre d’empereur d’occident. Les empereurs d’Orient et d’Occident sont désormais aussi dans un tête à tête géostratégique. Charlemagne cherche alors à rompre le mode de fonctionnement oecuménique de l’Eglise qui permet aux théologiens byzantin d’exercer une grande influence en occident. Pour cela il modifie unilatéralement le symbole de Nicée-Constantinople (le Credo) en y ajoutant le fillioque.

le pape Saint Jean VIII L'auréole carrée  signifie que la mosaïque fut réalisée de son vivant.

le pape Saint Jean VIII – l’auréole en carré signifie que cette mosaïque fut réalisée de son vivant.

C’est une intrusion du pouvoir politique dans le dogme de l’Eglise qui ne peut pas être accepté par les byzantins et qui mènera à la rupture. Aussi tous les papes défendront avec acharnement le Credo originel et la dignité des conciles oecumènique jusqu’à l’assassinat en 882 de Jean VIII peu de temps après les conclusion du 8e et denier concile oecuménique qui eu lieu en 870 à Constantinople pour trancher l’affaire du Filioque. Le concile fu l’objet de coups de théâtres et de confrontations reflétant l’enjeu politique majeur qui en découlait. Le patriarche Photius, le chef de files des anti-Filioque fut déposé puis réhabilité et le Symbole fut finalement conservé inchangé.

Conformément au droit canon, le pape Jean VII entérina les décisions du 8eme concile oecuménique et fut alors sauvagement assassiné. L’Eglise orthodoxe l’a reconnu comme martyr. Son successeur Marin Ier aussitôt élu ajouta le Filioque au Credo et rejeta les décisions du 8e concile, se positionnant de facto comme une autorité supérieure aux conciles oecuméniques. Ce fut l’acte fondateur du Catholicisme.

La rupture devint alors inévitable, même si elle n’advint pas immédiatement. Peu à peu, la papauté élaborera un corpus canonique autour des nouveaux pouvoirs que les papes successifs s’octroyaient, établissant leur pouvoir monarchique au sein de l’Eglise mais aussi sur les dynasties royales d’occident au nom d’une théologie nouvelle.

La transformation de cette théologie en dogme sera finalement très tardive, l’infaillibilité pontificale n’étant finalement proclamée qu’à la fin du XIXe siècle.

Auparavant deux « bulles pontificales » ont définies ces innovation théologiques : Unam Sacram en 1302 et Dictatus papae en 1075.

Cette théologie nouvelle distingue le Catholicisme Romain du christianisme antérieur qui, par réaction, s’est depuis définit lui-même sous le terme d’orthodoxie.

Voyons maintenant ce qui caractérise le Catholicisme Romain.

La succession de Saint Pierre.

Rome revendique l’universalité de la succession de Saint Pierre. C’est pourquoi elle se dit Catholique, mot grec signifiant « universel ».

Cependant, selon la Tradition, Saint Pierre a fondé non pas un mais deux sièges apostoliques :

Le siège pétrinien d’Antioche, patriarcat de tout l’Orient vers l’an 37.
Le siège pétrinien de Rome, patriarcat de tout l’Occident vers l’an 54.

imageAinsi, l’Eglise Orient relève également de la succession de Saint Pierre.
Pour les chrétiens orthodoxes, Rome bénéficiait d’une primauté d’honneur du fait que Saint Pierre y a connu le martyre. De son coté Rome ne conteste pas vraiment la succession apostolique du siège d’Antioche. D’ailleurs, jusqu’à Vatican II, l’Eglise Catholique Romaine fêtait le siège pétrinien d’Antioche le 22 février et celui de Rome le 18 janvier. Depuis la réforme du calendrier qui a suivi le concile Vatican II, Rome a réuni les deux fêtes le 22 février, c’est a dire le jour de la fête d’Antioche.

Rome a souvent mis en avant son passé de capitale impériale pour demander aux autres sièges apostoliques leur soumission. Or c’est justement cette Rome impériale que Saint Pierre qualifie de « Babylone » dans son puemier épitre (5:13) « L’Église des élus qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils. »

La catholicité.

Comme on l’a vu dans le 1) Catholique signifie « universel ». L’Eglise Romaine revendique pour elle seule cette catholicité, ou plus précisément « Que celui qui n’est pas en paix avec l’Eglise Romaine ne peut pas être considéré comme catholique. » selon la bulle Dictatus papae de Grégoire VII, ce qui place l’Eglise Romaine au dessus de toutes les autres au prétexte « Que l’Eglise romaine a été fondée par Dieu seul. » (Unam Sacram).

Les chrétiens orthodoxes croient aussi en « Une Eglise sainte catholique et apostolique » comme l’exprime le symbole de Nicée-Constantinople.

Evidemment pour les orthodoxes, la catholicité de l’Eglise n’est pas liée à la soumission à l’Eglise Romaine. Le seul critère faisant qu’on est de l’Eglise universelle c’est d’avoir sauvé son âme, ce qu’on appelle aussi l’Eglise mystique. L’Eglise terrestre doit s’assure de paître spirituellement ses fidèles par une juste doxa, c’est pourquoi elle s’appelle orthodoxe (doxa juste).

L’universalité orthodoxe consiste en une unité spirituelle entre les diverses Eglises autocéphales (indépendantes).

Enfin comme on l’a vu l’Eglise Romaine fut fondée par Saint Pierre en 54, après l’Eglise d’Orient (fondée par Saint Pierre à Antioche) et celle d’Egypte (fondée par Saint Marc à Alexandrie). Les orthodoxes considèrent que l’Eglise dans son entier a été fondée par Jésus, mais évidemment aucun des sièges apostoliques ne peut en revendiquer l’exclusivite puisqu’ils ont tous été fondés par des apôtres.

La doxa, ou le dépôt de la foi.

Comme on vient de parler de doxa, il faut définir le mot.

La définition qui me semble la plus juste est la suivante « Louer Dieu selon Ses propres paroles et ce qu’Il a dit de l’Homme et de la Création. »

Il s’agit en même temps de rendre grâce à Dieu, de comprendre Sa parole et de prendre sa place en tant qu’Homme dans le Dessein de Dieu.

image

L’ermite David le thessalonicien.

Le dépôt de la foi orthodoxe passe par la compréhension de la Sagesse de Dieu (Agia Sophia) hérité des Pères de l’Eglise et leurs continuateurs qui consacrent leur vie à ce travail, les moines, les théologiens, les ermites, les anachorètes qui forment les rangs les plus humbles de l’Eglise.

La règle principale est « Conserve ce que tu as reçu. »

A l’inverse, dans l’Eglise Catholique Romaine, le dépôt de la foi est entre les mains du pape, sommet de la hiérarchie épiscopale, qui peut, changer le dogme, les rites et la morale, avec la force de l’infaillibilité pontificale. Ces changements sont réputés infaillibles par principe dans la bulle Dictatus papae du pape Grégoire VII (22e article) :

« Que l’Eglise Romaine ne s’est jamais égarée ; elle ne s’égarera pas de toute l’éternité, comme en témoignent les saintes Ecritures. » Cette téméraire assurance s’est traduite par une inflation dogmatique, suivie, depuis Vatican II, par le souci d’adapter le culte au monde moderne. Du fait de ce modernisme, les rites et les croyances des latins du moyen-âge sont bien plus proches de ce que pratiquent aujourd’hui les chrétiens orthodoxes que des usages des Catholiques Romains contemporains.

Pour ne citer qu’un exemple, le signe de croix se faisait autrefois en occident comme il est aujourd’hui pratiqué par les orthodoxes.  Ainsi au XIIIe siècle le pape Innocent III préconisait  ceci : « Le signe de la croix doit se faire avec trois doigts, parce qu’on le trace en invoquant la Trinité, dont le prophète dit : Il a soutenu sur trois doigts la masse de la terre. Il est tracé de haut en bas, et est ensuite coupé de droite à gauche, parce que Jésus-Christ est descendu du ciel en terre et a passé des Juifs aux Gentils. Certains, cependant, font le signe de la croix de gauche à droite, parce que nous devons passer de la misère à la gloire, tout comme le Christ a passé de la mort à la vie, et du séjour des ténèbres au paradis. »

Cet exemple illustre parfaitement la différence entre ce que Catholiques et orthodoxes appellent la Tradition. Pour les Catholiques, la Tradition évolue avec les papes, pour les orthodoxes, la Tradition est immuable.

Le Souverain Pontife.

image

Europe emportée par Zeus, mosaïque de période hellènistique.

Le pape se dit Grand Pontife (en latin Pontifex Maximus) de l’Eglise.
Cela signifie plusieurs choses :

Il définit le calendrier et les fêtes.
Il exerce toute autorité sur le clergé notamment en nommant et en déposant les évêques.
Le titre de Pontifex Maximus est une référence au grand prêtre du culte païen de Rome, titre porté par l’Empereur lui même. C’est en tant que Pontifex Maximus, Jules César a établit le calendrier julien.
Le pape se place dans la succession directe de César comme le stipule la bulle Dictatus papae dans son article 8 : « Que seul le Souverain Pontife peut porter les insignes impériaux. »

L’Eglise orthodoxe reconnait au pape de Rome une primauté d’honneur « primus inter pares » (premier entre pairs) ne lui donnant pas d’autorité administrative sur d’autres Eglises que celle d’occident.

Au sein de l’Eglise orthodoxe, les primats n’ont qu’un pouvoir limité selon les dispositions du canon des apôtres. Le dogme et les questions de foi ne peuvent être tranchée que par des conciles oecuméniques.
Depuis l’an 754, le pape de Rome est un souverain temporel. D’abord des Etats Pontificaux, puis de l’Etat du Vatican.

Pour les orthodoxes, on doit séparer l’autorité temporelle de l’autorité spirituelle, rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

La soumission au souverain pontif.

Depuis la bulle Unam Sacram, tout chrétien est supposé se soumettre au pape pour son salut : « Nous disons, déclarons et définissons que d’être soumis au Pontife romain est pour toute créature humaine de nécessité de salut. »

Pontifex Maximus

Léon XII, Pontifex Maximus, médaille similaire aux deniers votifs du culte impérial romain. 

Or le christ a parlé très clairement du futur chef de l’Eglise, car la question lui a été posée aussitôt que les disciples comprirent qu’Il allait les quitter, comme le rapportent Saint Luc et Saint Matthieu.

« Les rois des nations les soumettent et ceux qui les dominent se font appeler bienfaiteurs. Qu’il n’en soit pas de même parmi vous, mais que celui qui veut être le premier soit le serviteur et l’esclave de tous. »

Jean XIII, Pontifex Maximus

Jean XIII, Pontifex Maximus, 

Saint Marc rapporte aussi les paroles du Christ (9:33-35) :

« Lorsqu’il fut dans la maison, Jésus leur demanda : De quoi discutiez-vous en chemin ? Mais ils gardèrent le silence, car en chemin ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. Alors il s’assit, appela les douze, et leur dit : Si quelqu’un veut être le premier, il sera le dernier de tous et le serviteur de tous ».

Les trois évangéliste rapportent fidèlement les mêmes propos :

1) il y a un premier.
2) il est premier de sa propre volonté.
3) cette volonté consiste à se faire le serviteur de tous.
4) il ne devra ni soumettre les nations ni faire passe cette domination pour un bienfait
5) le premier est le dernier, la hyérarchie est inverse à celle du pouvoir.

Encore une fois la parole du christ tranche clairement la question :

« Or, le Seigneur c’est l’Esprit; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Corinthiens 3: 17).

« C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude » (Galates 5:1).

L’infaillibilité pontificale

Ce dogme est assez tardif, puisqu’il ne date que de 1870.

Lors de Vatican II il a été définit ainsi : « Le Pontife romain, chef du collège des évêques, jouit, du fait même de sa charge, de cette infaillibilité quand, en tant que pasteur et docteur suprême de tous les fidèles, et chargé de confirmer ses frères dans la foi, il proclame, par un acte définitif, un point de doctrine touchant la foi et les mœurs.  »

Pontifex Maximus

Tibère, Pontifex Maximus, denier votif en argent du culte impérial. La femme assise est une allégorie de la paix.

On remarque que c’est en tant que Pontife Romain que le pape bénéficie d’une infaillibilité supposée. Cette infaillibilité repose sur un dogme proclamé par le Pontife Romain, ce qui en fait une tautologie. Si le Pontife Romain est faillible, le fait qu’il se proclame infaillible ne le rend pas infaillible.

Avec cette proclamation, le Vatican a bouclé la boucle inaugurée par la décision du pape Marin Ier d’ajouter le fillioque et donne, mille ans plus tard, une base dogmatique à sa modification autoritaire du Credo

Le symbole de Nicée-Constantinople.

Établit lors des conciles oecuméniques de Nicée (325) et de Constantinople (381), il avait pour but d’unifier en une déclaration universelle la foi des chrétiens :

Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, de l’univers visible et invisible.

Je crois en un seul Seigneur, Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles ; il est Dieu, né de Dieu, lumière, née de la lumière, vrai Dieu, né du vrai Dieu. Engendré, non pas créé, de même nature que le Père, et par lui tout a été fait. Pour nous les hommes, et pour notre salut, il descendit du ciel ; par l’Esprit-Saint, il a pris chair de la Vierge Marie, et s’est fait homme. Crucifié pour nous sous Ponce Pilate, il souffrit sa passion et fut mis au tombeau. Il ressuscita le troisième jour, conformément aux Écritures, et il monta au ciel ; il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts; et son règne n’aura pas de fin.

Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ; il procède du Père. Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire ; il a parlé par les prophètes.

Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. Je reconnais un seul baptême pour le pardon des péchés. J’attends la résurrection des morts, et la vie du monde à venir.

Amen.

La procession de l’Esprit Saint est basé sur l’enseignement du Christ :

«  A l’Heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Quand viendra le Défenseur, que je vous enverrai d’auprès du Père, lui, l’Esprit de vérité qui procède du Père, il rendra témoignage en ma faveur. Et vous aussi, vous rendrez témoignage, vous qui êtes avec moi depuis le commencement. »

Ainsi le Christ lui même affirme que l’Esprit Saint procède du Père. Dieu étant omniscient, si le Christ a parlé de la sorte de la procession de l’Esprit Saint, c’est forcément en anticipation de la querelle du Filioque et donc sa parole tranche la question de façon certaine.

Les sacrements.

Enfin, il y a un certain nombre de sacrements ue l’Eglise Catholique Romaine a modifié ou supprimé.

la chrismation.

la chrismation.

Le baptême et la chrismation

Le baptême ne se fait plus par immersion dans l’Eglise Catholique Romaine.

Lors du baptême, les orthodoxes procèdent en plus à la chrismation,  c’est à dire à l’onction avec le saint chrême sur le front. La chrismation (onction) était le symbole du sacre des rois d’Israël. Le christ (c’est a dire l’oint) était le dernier roi-oint. Sa royauté, selon ses propres mots, n’est pas de ce monde. Mais il a instauré un sacerdoce royal, faisant de tout baptisé un roi-oint. Quand Pépin le bref a demandé au pape de destituer les mérovingiens, le pape a remis en pratique l’onction des rois d’Israël en procédant au sacre de Pépin, puis de Charlemagne et finalement de tous les rois du monde occidental jusqu’à Napoléon y mette. Le sacre des rois a impliqué l’Eglise dans les turpitudes du pouvoir.

La communion

Depuis le concile de Constance en 1415, la communion avec le vin a été interdite aux laïcs dans l’Eglise Catholique romaine. La communion avec l’ostie ayant été déclarée équivalente à celle avec le vin.

Communion au calice lors d'un mariage orthodoxe.

Communion au calice lors d’un mariage orthodoxe.

Dans l’Eglise orthodoxe, on utilise du pain levé et non des osties, pain qui est découpé puis rompu par le prêtre lors de la liturgie, et immergé dans le vin du calice, de sorte qu’on communie toujours selon les deux espèces.

Les deux espèces n’ont pas la même signification selon les propres paroles du Rédempteur : le pain symbolise le corps du christ rompu pour le salut de la multitude en rémission des péchés.

Mais c’est le sang du christ qui scelle la nouvelle alliance Saint Luc (33:17) « Il fit de même pour la coupe après le repas, disant: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang, versé pour vous. »

1 Corinthiens (11:24) « De même, après le repas, il prit la coupe, en disant: « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang; chaque fois que vous en boirez, faites-le en mémoire de moi. »

Quand l’Eglise orthodoxe préfère une prudente obéissance et aux instruction du christ afin de ne pas faire peser de risques sur les fidèles, l’Eglise Romaine les interprète avec témérité.

C’est sans doute là le principal défaut de l’Eglise Catholique romaine. Car cette témérité la pousse à annuler la parole de Dieu par des Traditions humaines, en dépit des avertissements de Jésus : « Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, en donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. Il leur dit encore: Vous anéantissez fort bien le commandement de Dieu, pour garder votre tradition. »

Aussi quand le christ dit « prenez et buvez en tous » n’y a-il pas plus grande témérité que de refuser la coupe de l’alliance au peuple de Dieu?

Le rôle du clergé

L’une des fonctions du Pontife Romain et de faire le « pont » entre les fidèles et Dieu. Cette fonction n’existe pas pour les orthodoxes, pour qui les clercs sont là pour servir les chrétiens, lesquels, tous ensemble, sont l’Eglise. Il n’y a qu’un chemin, et c’est le Christ.

Dans l’Eglise Catholique romaine, les clercs se comportent en « représentants » du Pontife qui leur délègue ses « super-pouvoirs ».

Depuis Vatican II, cette conception est parfaitement perceptible dans la disposition de la messe. Au lieu de faire face à l’autel, les prêtres catholiques se placent de l’autre coté de ce dernier, face aux fidèles. Un peu comme s’ils étaient là pour se donner en spectacle, réduisant de fait les fidèles à celui de consommateurs de leur prestation.

De même le trône de l’évêque (souvent une simple chaise) est lui aussi passé de l’autre coté de l’autel, dans la partie sacrée signifiant bien la sacralisation du hiérarque Catholique.

Cette sacralisation du clergé, était déjà affirmée dans les « pouvoirs » que l’Eglise Catholique attribuent au prêtre de procéder à la transsubstantiation des espèces, de pardonner les péchés etc. choses qui pour les orthodoxes ne sont pas effectué par le prêtre mais par Dieu, à la prière du prêtre.

Dans l’Eglise orthodoxe, le trône de l’évêque, bien que parfois très ostentatoire, est néanmoins toujours resté dans la partie profane de l’Eglise. Le temple, c’est à dire la partie sacrée, reste séparé du reste de l’église par l’iconostase. Le prêtre y pénètre en tant que représentant des fidèles mais il n’est lui-même qu’un fidèle parmi tous, et c’est la prière de tous qui fait descendre le saint Esprit sur l’assemblée lors de l’eucharistie.

De même lors de la confession, le prêtre accompagne le pénitent par la prière, mais c’est Dieu qui pardonne.

La chute de Babylone

Nous avons vu lors de précédents articles que Dieu a mis dans le coeur des 10 cornes le désir de rendre la Prostituée nue et solitaire, c’est à dire de jeter l’opprobre sur Eglise Catholique, de l’isoler de la société. Les cornes, les puissances qui gouvernent l’UE vont dépecer ses chairs et la consumer. Autrement dit l’Eglise Catholique sera persécutée, ses lieux de culte détruits, dans une frénésie irrationnelle dont on constate les multiples manifestations, avec l’art officiel blasphématoire, les gardes à vues arbitraires lors des manifs pour tous ou de veilleurs.

De plus les signes se multiplient. Le christ de Brecia, typique de La période Jean Paul II s’est effondré. Le pouce du christ de Rio a été détruit par la foudre.

Deux colombes lâchées par le Pape François se font attaquer par une mouette et un corbeau en janvier 2014.

Le christ a prévenu son peuple de la destruction de la prostituée dans Apocalypse 18:4 :

« Et j’entendis du ciel une autre voix qui disait: Sortez du milieu d’elle, mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n’ayez point de part à ses fléaux. »

C’est une citation de Jérémie (51:45) :

« Sortez du milieu d’elle, mon peuple, Et que chacun sauve sa vie, En échappant à la colère ardente de l’Eternel! Que votre coeur ne se trouble point, et ne vous effrayez pas Des bruits qui se répandront dans le pays; Car cette année surviendra un bruit, Et l’année suivante un autre bruit, La violence régnera dans le pays, Et un dominateur s’élèvera contre un autre dominateur. »

Les signes de la chute de Babylone sont là. Nous entendons des bruits de guerre, deux puissances s’affrontent de nouveau depuis la fin de la guerre froide. Il convient donc de définir le périmètre de Babylone. Ce sera l’objet d’un prochain article.

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14 réflexions sur “Sortez d’au milieu d’elle!

  1. Mais vous savez le Filioque ne date pas de Charlemagne. Sa première introduction dans le Credo date de 589 lors du IIIe concile de Tolède, et apparemment le fait que le Credo rectifié n’ait été récité qu’en Espagne n’a jamais dérangé les Orientaux jusqu’à Charlemagne…

    • Alexandre,
      Il y avait deux enjeux derrière l’ajout du filioque dans le symbole de la foi chrétienne. Il y a bien sûr l’aspect théologique. Et pour tout dire, cet aspect théologique n’est pas la cause de la discorde. Des débats théologiques, les chrétiens orientaux en ont eu plus d’un, c’est presque une passion orientale.

      Le véritable enjeu était lié à la fonction du symbole de la foi, qui a été créé au concile de Nicée comme un outil pour maintenir d’unité de l’Eglise en dépit de l’étendue territoriale sur laquelle elle se déployait.

      Modifier unilatéralement le symbole de Nicée-Constantinople, c’était s’attaquer à cette unité. Et le but politique de Charlemagne était bien évidemment d’amener Rome à rompre avec Constantinople pour réduire l’influence byzantine sur l’Occident.

      De plus vous vous trompez en pensant que l’introduction du filioque a d’abord posé un problème aux orientaux. C’est d’abord aux papes de Rome que cet ajout par Charlemagne a posé problème et ils s’y sont opposé avec véhémence pendant tout le IXe siècle, à commencer par Léon III qui fit placarder le texte sans le filioque gravé en grec et en latin sur des plaques métaliques fixées aux portes de sa basilique à Rome avec ces mots : « Moi Léon, j’ai fait ceci pour l’amour et le salut de la foi orthodoxe. » C’est cette inscription pontificale qui a définit le sens actuel du mot orthodoxie.
      Le dernier pape à résister aux carolingiens fut saint Jean VIII, qui mourru empoisonné puis achevé à coups de marteau par ses adversaires en 882. Le premier acte de son successeur fut l’introduction officielle du filioque dans l’Eglise d’Occident, de façon non canonique. Les chrétiens orientaux ont reconnu Jean VIII comme saint martyr de la foi (mais pas les latins).
      Saint Jean VIII reste à ce jour l’unique pape à avoir été assasinné durant son pontificat depuis les persécutions de l’époque païenne.

  2. MERCI Geocedille de ce superbe article.
    Je l’ai lu avec beaucoup d’attention, et je crois qu’il a fini de me convaincre.
    Je me sens beaucoup plus proche des Orthodoxes que des Catholiques, dont je me suis éloigné depuis longtemps, plus qu’irrité par les « incohérences » de ces derniers et de leur « pape » auto-proclamé infaillible !!
    J’attends avec grande impatience votre prochain article …. Ne tardez pas trop, je pense qu’il y a urgence. Les temps sont là.
    Encore MERCI pour ce travail remarquable.
    Dieu vous bénisse !!
    GC

    • Je vais citer un pape, Innocent III (13e siecle) : « Le signe de la croix doit se faire avec trois doigts, parce qu’on le trace en invoquant la Trinité, dont le prophète dit : Il a soutenu sur trois doigts la masse de la terre. Il est tracé de haut en bas, et est ensuite coupé de droite à gauche, parce que Jésus-Christ est descendu du ciel en terre et a passé des Juifs aux Gentils. Certains, cependant, font le signe de la croix de gauche à droite, parce que nous devons passer de la misère à la gloire, tout comme le Christ a passé de la mort à la vie, et du séjour des ténèbres au paradis. »

      L’orthodoxie maintient la tradition dont parle Innocent III. Le catholicisme a généralisé ce qu’il décrit comme la pratique minoritaire, par souci de démarcation avec les orientaux, comme disait Charlemagne « pour rivaliser d’orthodoxie ». Mais il n’y a qu’une seule orthodoxie. Le reste et une hetérodoxie.

        • Le Christ est le seul rédempteur et il est le seul chemin vers le Père. Les chrétiens orthodoxes glorifient et prient la Sainte Trinité pour le salut des âmes, le pardon des péchés et la clémence divine. Ils invoquent l’Esprit Saint pour qu’il vienne sur eux, les guide et les lave de toute souillure.
          Ils glorifient la Très Sainte Mère de Dieu avec tous les Saints et les prient d’intercéder en leur faveur auprès du Seigneur.

          Car les saints maryrs parlent à Dieu, selon Apocalypse (6:9) : « Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel l’âme de ceux qui avaient été mis à mort à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu. Ils crièrent d’une voix forte: «Jusqu’à quand, Maître saint et véritable, tarderas-tu à faire justice et à venger notre sang sur les habitants de la terre?» »

  3. Bonjour Geocedille,
    Belle réponse !
    Mais, quand je demande d’afficher la source, sous IE 11, Windows 7, elle s’affiche dans Word sous une copie de la page sans afficher, comme c’était d’habitude sous .txt, sous quel format la page aurait été écrite.
    Donc, devant l’échec monumental, je vous rétiaire ma question toute terre à terre…
    Merci d’avance !

    • bonjour serlussier,
      La Révélation qui m’occupe n’est pas attachée aux choses temporelles.
      Un coup d’oeil dans les sources de la page vous fournira la réponse que votre coeur convoite. 😉

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