Apocalypse : l’Histoire et les Symboles.

Les sept sceaux

Saint Jean de Patmos

Saint Jean de Patmos

Le livre de l’Apocalypse de Saint Jean est un livre à mystères. La parabole des 7 sceaux signifient que nous n’en pouvons comprendre le sens qu’aux jours échus de la sainte semaine apocalyptique. Aussi il serait à la fois présomptueux de prétendre pouvoir en donner ici toutes les clefs de compréhension. Cependant ce descellement du mystère étant progressif, nous pouvons déjà établir une liste des symboles qui nous sont déjà intelligibles, avec l’aide du texte lui même et des Pères de l’Église tels que nous les transmet la Tradition orthodoxe.

Gardons à l’esprit qu’une lecture n’exclue pas qu’il y ait d’autres interprétation complémentaires. elle doivent néanmoins ne pas se contredire entre elles et surtout, confirmer et soutenir le message évangélique et faire ressortir les enjeux spirituels de la confrontation finale.

Voici une liste non exhaustive des symboles que nous allons tenter d’éclaircir :

Le deux femmes
Les flots, les rivières et les mers
La terre, les monts et montagnes
Le désert
les bêtes
Les diadèmes
les deux prophètes
L’olivier et le chandelier

Les deux femmes de l’Apocalypse.

Ce sont sans doutes les plus importantes figures du récit. Au début il n’y en a qu’une seule. Elle est enceinte et met au monde un enfant mâle qui est ensuite enlevé auprès de Dieu. Le dragon s’emporte contre elle, cherche à la détruire par un torrent qu’il cache par sa bouche. Alors il se passe quelque chose d’étrange. Cette femme est protégée et nourrie dans le désert 1260 Jours par Dieu. La terre englouti le torrent qui vient contre elle. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire. Un second combat met en scène la bête et une femme assise sur son dos. On découvre que cette femme est une Grande prostituée et que ses chairs sont déchiquetés par la bête qui la hait.

Nous voici donc avec deux figures féminines antinomiques : une mère et une putain. L’herméneutique du symbole de la femme doit faire ressortir le lien entre ces deux figures car ce qui les différencie ce n’est pas leur nature mais leur fidélité. Ainsi les attributs de l’une doivent expliciter ce qu’est l’autre. En effet, il y a un lien indéniable entre les deux : Le dragon déchaine sa haine et sa violence contre la première, puis quand la première lui échappe, s’en prend à la seconde et la déchiquète.

Tout chrétien est poussé à assimiler l’enfantement avec l’évènement majeur du christianisme : la naissance du Christ. Il est donc tentant d’identifier cette femme avec la Sainte Vierge. Cette identification pragmatique est bien sûr valable, mais il faut comprendre qu’elle ne s’arrête pas là. Nous devons raffiner cette signification pour en comprendre toute la portée symbolique.

Épouse sage et folle épouse

Cette naissance défini ce qu’est cette femme : une épouse, puisque pour qu’elle puisse enfanter, il faut qu’elle ait un époux. Ce symbole de l’épouse a aussi été utilisé pour décrire les derniers temps par Matthieu (25:1) :

« Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l’époux. »

Que leur arrive-t-il à ces dix épouses? Matthieu nous explique : « Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages. » On retrouve ici une opposition similaire à celle de l’Apocalypse, entre d’un coté les bonne épouse et les épouses folles ou infidèles. Les folles oublient de prendre de l’huile pour leur lampe et sont à la recherche d’huile au moment où l’époux revient. Malheureusement pour elles, l’époux ferme la salle de noce et les épouses inconséquentes restent dehors.

Ces épouses représentes bien évidemment l’Église, ou plutôt, n’en déplaise à l’évêque de Rome, l’Église qui est Une spirituellement est multiple dans le monde.  Nous somme donc en cohérence avec les lettres aux 7 Églises d’Asie, qui sont autant de recommandations à des épouses du Christ de se corriger en attendant sa venue.

Marie, la femme-Eglise.

On peut donc avancer sans trop de témérité que la femme symbolise l’Église. Est-ce en contradiction avec la Femme symbolisant Marie? Non, car Marie, en étant la première à croire qu’elle porte le Christ est la première convertie. Elle est à ce moment à elle toute seule l’Église, Une et sainte. Elle sera la première à annoncer la Bonne Nouvelle à Élisabeth. C’est pourquoi les Grecs disent que la Sainte Vierge est l’Evangélisatrice (ευαγγελιστρια). Ainsi donc Marie fut à elle seule l’Église naissante.

Mais si l’épouse est le symbole de l’Église, alors la parabole de la bonne épouse et de l’épouse folle ne peuvent signifier qu’une seule chose : Il y a de bonnes Églises, qui ont su « garder ce qui leur a été donné » et des Églises déficientes qui risquent de voir « leur chandelier retiré »  nous dit Saint Jean dans les lettres aux 7 Églises d’Asie.

L’épouse fidèle et l’épouse adultère.

Mais si Matthieu nous met en garde de la folie et de l’impréparation de certaines épouses/Églises, Saint Jean parle d’autre chose : Il ne s’agit plus juste d’inconséquence mais de prostitution.

Babylone sur le dos de la Bête

Babylone sur le dos de la Bête

Aussi Saint Jean est frappé de stupeur quand il découvre qui est la Grande Prostituée. Si notre analyse herméneutique est juste, on ne peut que comprendre cet étonnement : Cette femmes adultère et infidèle, c’est une femme qu’il croyait au dessus de tout soupçon. Et pourtant elle a couché avec les rois de la Terre, trompant ainsi son Époux absent.

Est-ce possible? Y a-t-il d’autres indices pour conforter ce terrible soupçon : La Grande Prostituée serait une Église.

Voyons ses attributs : « Une coupe pleine d’abominations : les souillures de sa prostitution ». La coupe d’or fait manifestement référence au calice de l’eucharistie. Les abominations seraient donc les tromperies dogmatiques que cette Église aurait développé pour justifier sa « prostitution »  avec les rois de la Terre.

Scénario des évènements

Nous voyons donc un scénario se préciser et il s’articule ainsi :

  • L’Église nait avec l’annonciation à Marie.
  • La dragon tente de dévorer l’Enfant :  Jésus est condamné à mort.
  • L’Enfant est élevé au ciel : Jésus ressuscite et vainc la mort.
  • Le Dragon se retourne alors vers la femme et sa postérité : L’Église et les Chrétiens.
  • Dieu cache l’Église et trompe le Dragon en lui présentant à sa place une Grande Prostituée : L’Église « mondaine » qui sera détruite par Satan n’est pas l’Église authentique, que Dieu préserve et nourrie.
  • La nature de la corruption est de fricoter avec les Rois de la Terre : C’est le pouvoir temporel qui a corrompu l’Église mondaine.

Y a-t-il des indices qui puissent corroborer cette hypothèse?

Il y en a un très important : La substitution de la femme et de Grande Prostituée peut être datée : Saint Jean nous dit que Dieu cache la femme dans le désert pendant 1260 jours.

Le désert lieu spirituel.

Le désert est l’endroit où il n’y a pas d’hommes. C’est à dire l’inverse de la mondanité, le lieu de vie des ermites et des ascètes. Quand il est utilisé de manière symbolique il s’agit de la vie spirituelle. Et le temps spirituel n’est pas le même que le temps temporel. L’ancien testament nous explique que un jour spirituel équivaux à un an terrestre (Ezéchiel 4:6 et Nombres 14:34). Aussi nous devons comprendre que l’Église véritable est cachée au désert et est remplacée par la Grande prostitué 1260 ans avant que la fin de la Grande prostitués ne survienne.

Sacre de Pépin le BrefIl convient dès lors de regarder ce qui s’est passé dans le monde il y a 1260 ans. Cela nous amène aux environs de 753 de notre ère. L’évènement religieux le plus marquant de cette époque est la création des états pontificaux par le Pape Étienne II et le couronnement du premier des carolingiens, Pépin le Bref.

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_II_%28pape%29

Nous nous intéresseront donc dans le prochain article à ces évènements historiques et tenterons de comprendre si oui ou non ils peuvent éclairer notre lanterne, tout en décryptant les autres symboles de l’Apocalypse.

http://wp.me/p1OCZn-cP

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22 réflexions sur “Apocalypse : l’Histoire et les Symboles.

  1. Géo, j’ai besoin de tes lumières en matière de Grec :
    Le mot laodicée a t il un sens toponymique ?
    J’avais lu que ce mot signifierai : opinion du peuple ou libre-choix

    Tu peux me confirmer ou infirmer ?
    Merci

  2. @ Watson,
    Je continue ici car le fil devient etroit ce qui est pas si mal. Ca evite les digressions.
    Nos divergences sur le poids de la tradition s’expliquent par la parabole de l’arbre et des fruits. Les protestants ont fait un constat similaire à celui des orthodoxes : le siège apostolique de Rome devenait autocratique en opposition avec les instructions de Jésus.
    Mais contrairement à vous nous sommes des Eglises, des troncs, avec 4 sieges apostoliques (Antioche, Alexandrie, Constantinople, Jerusalem).
    Les protestants ne sont qu’une branche du siege apostolique Romain. Rome est votre tronc, en coupant avec vous avez rompu avec votre continuité apostolique. Vous ne pouvez donc que rejeter l’importance de la Tradition, puisqu’elle est incarnée pour vous par Rome. Il ne vous reste que la bible.
    Notre tradition et la bible nous ont amené à rejeter les prétentions autocratiques du siège de Rome. La tradition orthodoxe rejete la théorie des deux glaives de l’Abbé de Clairveau et enseigne que le premier dans l’Eglise est un serviteur et non un souverain. Contrairement à Rome nous n’utilisons la Tradition que pour aller plus loin dans le sens des Ecritures, pas pour les contrecarrer.

    Sans vouloir vous offencer, l’absence de la Tradition vous pénalise grandement. Vous avez la carte (la bible) sans la lampe (la Tradition) pour l’eclairer dans la pénombre et vous avancez un peu au hasard. Or le chemin est étroit.

    l’Eglise n’est pas faite de papier, mais d’Hommes. Le papier n’est que le support mais la bonne nouvelle se transmet d’Homme à Homme. Cela implique qu’il doit y avoir un souci de preservation cer dans cette transmission il peut s’introduire des erreurs. Ce souci de preservation s’appelle l’orthodoxie.

    Enfin, il y a de nombreuses choses dans le nouveau testament qui sont imprégnées de la culture hellènistique. Leur sens nous est evident. Il ne l’est pas pour le lecteur anglosaxon ou allemand etc. Par exemple : La femme ceinte de soleil et la Grande prostitué ceinte de pourpre et écarlate. Byzance avait deux dapeaux avec l’aigle bicéphale, sur fond jaune (or) c’etait le drapeau du pouvoir spirituel (l’Eglise), sur fond rouge c’etait celui de l’empereur.

  3. Géocédille tu tombes dans e piège de Marie mère de Dieu, c’est un blasphème énorme, excuses moi de te le dire.
    Dieu n’a pas de mère, il est l’Éternel.
    A moins que ce terme signifie : mère du fils de Dieu. Ce qui est vrai selon la chair, Marie n’a donné que la chair à Jésus, Dieu lui a donné son esprit.

    Pour que Jésus puisse accomplir son sacrifice sur la croix, il lui fallait être chair. Dieu aurait pu faire comme pour Adam, prendre de la terre et le créer, il a préféré utiliser une femme pieuse.

    Comprends tu ce que je veux dire ? Marie est la mère de Jésus-chair, Dieu est père de Jésus-esprit.
    Elle n’est aucunement mère de Dieu, d’ailleurs, nul part il est écrit que Dieu possède une mère, ni que Marie a été mère de Dieu. Elle aurai été lapidée pour cela.
    J’ai bien compris ce que signifie Marie mère de Dieu mais c’est un titre impropre et blasphématoire, il faut simplement lire les évangiles, Marie est mère de Jésus-chair.

    Mère de Dieu contribue à la faire égale à Dieu et pire encore à la faire supérieure à Dieu.
    Déjà que fils de Dieu a valu à Jésus plusieurs tentatives de lapidation, et sa crucifixion.

    Enfin, je comprends que tu utilises l’image de Marie qui donne donne naissance à Jésus comme Marie donne naissance à l’église (= Jésus). Méfie toi de ce genre de raccourci.
    Marie n’a rien fait d’autres que d’être la mère, selon la chair, de Jésus, elle n’a rien fait de plus, relis les évangiles.
    Par contre Jésus c’est lui le véritable fondateur de l’église, Jésus n’est pas l’église, il le fondateur, et le chef de l’église.
    Tu n’es pas sans savoir qu’église vient du mot ecclesia, qui signifie assemblée, l’assemblée ce sont les chrétiens, ce sont eux l’église.
    Relis matthieu 16:18, Jésus dit qu’il bâtira son église
    Actes 20:28, l’église de Dieu est acquise par son sang
    1 corinthien 14:12, pour l’édification de l’église.
    etc…

    Jésus n’est pas l’église, utiliser l’image Marie donne naissance à Jésus = Marie donne naissance à l’église, c’est donc erroné.

    • Vous voyez des blasphèmes là ou il n’y en a pas. La Tradition de l’Eglise orthodoxe a toujours appelé la Très Sainte Vierge du nom de Théotokos : mère de Dieu. Il est inutile de présiser qu’il s’agit de la mère de Jésus, Dieu incarné et non de Dieu le Père, puisqu’il s’agit justement du Père éternel. Le but de ce blog n’est pas de refaire de la théologie de base orthodoxe, qui ne diffère guère de celle des latins que sur le fillioque, mais de decoder le livre de la révélation de Jean de Patmos.
      Luc (1:38) racontre que lors de l’annonciation Marie dit à l’archange Gabriel :  »Je suis la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole ! »
      Avec ces paroles elle devient la première chrétienne, car elle accepte de porter celui que Gabriel lui présente comme le Fils de Dieu. Elle reconnait donc le Fils de Dieu avant même qu’Il ne s’incarne et que Saint Pierre ne le reconnaisse.

  4. Géocédille, la femme d’apocalypse 12 ne peut pas être Marie, elle n’a jamais eu 12 couronne, elle n’a jamais était enveloppée du soleil ni la lune sous ses pieds.
    Revoit le rêve de Joseph en genèse 37:9
    Il eut encore un autre songe et le raconta à ses frères, et il dit : Voici, j’ai eu encore un songe. Et voici, le soleil, et la lune, et onze étoiles se prosternaient devant moi.

    Regarde la réponse de son père Jacob-Israël, genèse 37:10
    Et il le raconta à son père, et à ses frères ; mais son père le reprit, et lui dit : Que veut dire ce songe que tu as eu ? Faudra-t-il que nous venions, moi et ta mère et tes frères, nous prosterner en terre devant toi ?

    Jésus était judéen, il est né en Israël, il est enfant diIsraël. La femme est Israël, elle a enfanté dans la douleur (donination de Rome), l’enfant a risqué sa vie (hérode a voulu le tuer = le dragon attend pour le dévorer).
    Nul part il est dit que Marie a enfanté dans la douleur.

    L’enfant mâle est Jésus, il a effectivement été enlevé au ciel.

    La femme est protégée (ou gardée c’est pareil) par le Seigneur pendant la tribulation, les 1260 jours.
    Cette femme, au début je pensait qu’elle restait Israël, mais maintenant je pense qu’il devient le symbole de l’église.

    N’oublie pas Jésus n’a jamais créé une église, mais recruter un peuple.
    Israël était une nation, Marie n’est pas une nation, elle n’a rien fait à part mettre au monde et élever Jésus.
    Le peuple que Jésus est venu recruter est sa nation, celui qui gouvernera avec lui.
    Jésus choisit ses élus, ceux-ci sont attiré par son père.

    Jean 6:44
    Personne ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et je le ressusciterai au dernier jour.

    et

    Jean 15:16
    Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis, et qui vous ai établis, afin que vous alliez, et que vous portiez du fruit, et que votre fruit soit permanent ; et que ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne.

    C’est lui qui nous choisit, et c’est son père qui nous le fait connaître (= attirer).

    Jésus n’est pas venu pour créer une religion, mais pour choisir son peuple, c’est pour cela qu’il peut dire ceci :
    apocalypse 18:4
    Puis j’entendis une autre voix du ciel, qui disait : Sortez du milieu d’elle, mon peuple ; de peur que, participant à ses péchés, vous n’ayez aussi part à ses plaies ;

    Sortez du milieu d’elle mon peuple (…)

    Pour en revenir à la femme aux 12 couronnes, lors de sa fuite dans le désert pour 1260 jours, je pense qu’elle représente son peuple, ceux que nous appelons l’église, c’est à dire ses serviteurs pas un dénomination particulière.

    Ensuite méfie toi des 1 jour = 1an, c’est pas toujours vrai car 1 jour peut aussi être 1 jour, ou même comme le dit 1 Pierre 3:8
    Toutefois, bien-aimés, n’ignorez pas une chose, c’est que pour le Seigneur un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.

    De plus, ces 1260 jours sont aussi 42 mois, ou 1 temps des temps et la moitié d’un temps, ou encore 3.5 années.
    Je pense que si ces 1260 jours représentaient 1260 années, alors ça fait conflit avec 1 temps des temps et la moitié d’un temps.

    • Marie n’est la femme que dans la mesure ou elle crée l’Eglise. Je pense que l’imagerie contemporaine de l’Eglise Catholique entraine sur une fausse piste, celle d’un culte marial allant jusqu’à déifier la Sainte Vierge et (certains le reclament) l’integrer à la Sainte trinité.
      Non, Marie est la Toute Sainte Mère de Dieu, la Théotokos non sa femme et la vraie fondatrice de l’Eglise.
      En matière d’herméneutique il faut se mefier des raisonnement d’exclusion. Si 1 jour = 1 an il n’en reste pas moins que 1 jour = 1 Jour. Ce qui compte c’est qu’on arrive pas à des conclusion opposées. On ne fait pas des maths ici mais de la théologie.

      • Salut Géo, content que vous ayez mis votre blog en lien là bas, car j’avais perdu la réf. 😉

        Vous dites :  » Marie, en étant la première à croire qu’elle porte le Christ est la première convertie. Elle est à ce moment à elle toute seule l’Église »

        Vous m’aviez dit que Pierre était le fondement de l’Église, et là je vous lit dire que c’est Marie la Femme-Eglise ! Vous comprenez mon désarroi, j’attends que vous soyez plus claire, enfin si vous préférez, mettez vous à mon niveau que je puisse vous comprendre 😉
        Je résume ce que j’ai compris de vos propos :
        Pierre = fondement de l’Église
        Marie = Église
        Pour exagérer le trait terre à terre (provoc’ désolé) : Pierre = assise, substance, fondement de Marie

        J’attends votre explication.

        Passons.

        J’aimerai vous amener sur le terrain du bon sens, et vous faire lâcher un instant le mysticisme religieux :

        Je ne vois pas très bien comment vous pouvez dire que Marie annonce à Élisabeth qu’elle rencontre pendant qu’elle est enceinte, qu’elle porte le sauveur du monde, c’est plutôt l’inverse !
        C’est Élisabeth qui témoigne à Marie qu’elle porte son Seigneur !
        « Elle s’écria d’une voix forte : Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.
        Comment m’est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ?  » (Luc 1)

        Lisez « comme la première fois, sans influence » Luc 1 et 2 en autres, et vous vous rendrez compte très rapidement que Marie « n’évangélise » pas, au contraire, tous ceux qu’elle rencontre témoignent EUX de qui est Jésus, les anges, Elizabeth, les mages, Siméon, Anne…

        Marie « repasse » tout ce qu’on dit de Jésus dans son cœur, elle est même en adoration, dans la joie, mais elle n’évangélise pas.
        Je dirai par contre qu’elle a eu Foi dans la parole des anges (Dieu), et c’est en cela qu’elle doit être admirée, tout comme on admire Abraham et Pierre et Noé et….(lire Hébreux 11)
        Vous l’avez compris, comme j’avais essayé de vous le dire sur le blog que l’on avait en commun, ce qui plaît à Dieu c’est Notre FOI, et c’est ça l’Église, c’est le fondement de l’Église.

        Ceux qui ont foi en Dieu (ce qui implique évidemment la Bible sans rien y retrancher ou ajouter) plaisent à Dieu.
        Et comme pour Marie, c’est une grâce que l’on reçoit de Dieu !

        • Bonjour Watson,
          La très Sainte Vierge Marie et Saint Pierre fondent l’Eglise selon deux façons différentes.
          Marie est la Théotokos, la mère de Dieu. Sa  »conversion » ne consiste pas a reconnaitre le messie mais à l’accepter en son sein. Accepter d’enfanter le messie est de l’ordre de l’indiscible, et on retrouve ce même mystère chez Elisabeth qui porte Saint Jean Baptiste. Par contre Saint Pierre est le prototype de la conversion intellectuelle. Il comprends et le dit :  »tu es le messie le fils du Dieu vivant ». Marie rend l’Eglise possible, Saint Pierre y entre le premier. Tous deux ouvrent le chemin. La conceptrice et le bâtisseur.

          Cependant, comme je l’explique la femme de l’Apocalypse est d’abord et avant tout l’Eglise, qui à ses tous premiers instants se résumait en une seule personne : Marie. Le recit de l’Apocalypse est l’Histoire de l’Eglise de ce moment initial quand l’Eglise ne comptait qu’une femme jusqu’à le Parousie et le règne du Christ Pantocrator et à ce moment l’Eglise et l’humanité se confondront.

          • J’ajoute qu’ en grec antique on ne parle des femmes en dehors de leur statut marital.
            Le texte de l’Apocalypse utilise le mot Gynê : la femme-épouse (et donc non vierge)
            Or le nom que la tradition donne à Marie est Nymphê : fiancée ou jeune fille (vierge).
            Son hymne byzantin utilise l’expression Nymphê anymphêphtè (fiancée restée vierge)
            Cela renforce l’idée que la Gynê de l’Apocalypse est l’Eglise et non Marie pour qui le terme Nymphê ou de Parthénos (Vierge) aurait été plus adequoit.

            • Merci Géo pour vos explications, mais…

              1) Vous ne me répondez pas en ce qui concerne le ministère d’évangélisation de « Marie / L’Église », qui n’apparait pas dans la Bible. Car nous sommes tous appelé à évangéliser…et nous le faisons qu’après notre repentance et conversion !
              C’est important, car justement cela contredit votre explication  » Sa « conversion » ne consiste pas a reconnaitre le messie mais à l’accepter en son sein ».

              Je comprend que ce que je viens d’écrire a peu de valeur si on croit au dogme mariale, mais c’est à partir de la Bible que je vous demande de me montrer que marie a évangélisé.

              Si vous avez lu Luc chap 1 et 2 Vous vous êtes rendu compte que Marie a se qui caractérise les Hommes de Dieu, La FOI en Dieu, et ceci sans concession.
              Mais on ne peut pas affirmer Bibliquement qu’elle n’est pas eu besoin de se repentir et de se convertir.
              Pour le dire, il faut croire que le dogme de l’immaculée conception soit biblique.

              2) « Par contre Saint Pierre est le prototype de la conversion intellectuelle. »
              Excusez moi, mais j’ai peur que vous me citiez votre catéchisme.
              La Bible ne nous dit pas que c’est intellectuellement que Pierre s’est converti :  » Jésus, reprenant la parole, lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. » ( Matthieu 16 : 17)

              Même si effectivement il y a une part d’intellec’ dans une conversion, la Bible précise surtout :  » Toutes choses m’ont été données par mon Père, et personne ne connaît le Fils, si ce n’est le Père; personne non plus ne connaît le Père, si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler. » (Matthieu 11 : 27)

              Après avoir citer que ces 2 versets (je m’arrête là) on comprend rapidement que c’est Jésus (ou Dieu) qui se révèle et qui révèle.

              Par exemple, on pourrait sans dénaturé le sens paraphraser ce verset : « L’ange lui dit : Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.  » par  » Ne crains point, Géocedille; car tu as trouvé grâce devant Dieu. »

              3) Pour faire court et encore volontairement très terre à terre, si Marie est l’Église ou « un type d’Eve » comme certains le disent, comment comprendre que Jésus épouserais un jour « sa mère » ?

              Ne faut il pas à Jésus qui est spirituel une femme spirituelle ?

              • Beaucoup de questions.
                Je vais dire les choses simplement : Nous avons une continuité apostolique depuis le temps de Jésus. Le témoignage de la vie de Marie nous est parvenu par la Tradition. Ainsi, nous savons que Marie a choisi le mont Athos quand elle y a abordé à bord d’un bateau qui y a fait escale et en a demandé la propriété à Dieu. C’est pourquoi nous considérons Athos comme une montagne sacrée. Pourtant vous n’en trouverez pas une ligne dans les évangiles. Mais les évangiles eux mêmes ne sont que ce que la Tradition a conservé des écrits des apôtres et des évangélistes. La transmission écrite n’interdit pas la transmission orale et la transmission des rites.
                Le dogme marial est pour nous une hyperdulie similaire à celui des saints et non une latrie. Nous n’avons pas l’équivalent du culte marial issu des dogmes promus par l’Eglise Romaine depuis le XIXe siècle.
                pour votre 2) : Aucun archange n’est venu me visiter et je ne suis pas tombé enceint…

                • Lol pour le 2)
                  Ce qu’il fallait comprendre par « Géocedille; tu as trouvé grâce devant Dieu », c’est que vous vous êtes convertis, ce qui est « réservé » à ceux que Dieu choisit, selon La Bible (une grâce) 😉

                  A part ça, merci pour votre réponse 1).
                  Manque quand même une réponse à « l’évangéliste » Marie ?
                  Marie a évangélisé Elisabeth par exemple, où voyez vous ça ?
                  ===> Est ce encore une tradition orale, mis par écrit par la suite, mais qui au final contredit La Parole de Dieu, La Bible ?

                  Pour finir, j’ai l’impression que vous pensez mettre la tradition sur le même pied d’égalité que La Bible, mais en fait, vous mettez la tradition au dessus de La Bible. Il y a un non sens de la part d’un chrétien.

                  Pour ma part je met la Bible toujours au dessus de la tradition, car La Bible est pour moi seul vérité, Elle est référente, étalon, « le reste » ne peut pas contredire la vérité, si non ça ne sera pas être retenue, pour enseigner l’Église.
                  Si chacun amène sa tradition, on sort des clous.
                  Je m’explique, prenons l’histoire de la Bible , on lit dans La Bible que les juifs qui venaient vers Jésus avec leurs traditions orale ont été très sévèrement condamné, car leurs traditions les éloignaient de La Parole de Dieu (thora).
                  Lire Mathieu 15 par exemple et notamment le verset 3
                  « Et vous, pourquoi transgressez-vous le commandement de Dieu au profit de votre tradition ?  »

                  C’est simple si la tradition ajoute ou retranche à La Vérité, faut pas en tenir compte, en tout cas c’est ce que je comprend de l’enseignement de Jésus.

                  (Bon je ne m’étend pas trop, pour ma 1ere journée sur votre blog, je pense l’avoir déjà un peu pollué, désolé, si vous le voulez, vous pouvez supprimer ce message, voir les autres.)

                  Bonne soirée.

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