Le monde qui vient. 4ème partie

Le monde qui vient. 4ème partie

finland-e5fd4Nous avons donc vu comment les puissances et les magnats de l’industrie et de la finance ont anticipé, depuis les années 1970, la crise du productivisme qui a lieu aujourd’hui.

A la phase d’anticipation, succède la phase d’entrée en crise proprement dite qui a débuté avec le pic pétrolier de l’Arabie Saoudite en 2006, et le choc financier qui lui succède en 2008.

Le plateau oscillant.

Cette crise ne se passe pas de la façon dont la TV nous a présenté la chose dans un documentaire ridicule où l’on voyait un chauffeur de 4×4 se trouver en panne d’essence au beau milieu de la route.

Le précédent qui permet de comprendre cette phase est dans les chocs pétroliers de 1970.

plateau-2-3ce60Un choc pétrolier survient quand la demande dépasse l’offre. L’effet immédiat est une envolée des prix du baril. Nous en avons eue une, spectaculaire, il y a deux ans.

Mais cette flambée du prix du baril a plusieurs conséquences (récession, frugalité, valorisation d’autres sources énergétiques) dont la conjonction aboutir à une baisse de la demande et donc a une détente sur le prix du baril, situation que vous vivons actuellement.

Une détente qui, au bout d’un moment favorise la reprise de croissance et inverse à nouveau la tendance : La demande repart à la hausse et se heurte à nouveau à la limite de l’offre.

Nouveau choc, nouvelle flambée du baril, nouvelle décroissance, nouvelle détente sur les prix du baril et ainsi de suite.

Cette phase est appelée par les statisticiens le « plateau oscillant ». J’appelle personnellement cela le syndrome de la mouche dans la cloche de verre : La croissance économique est piégée par la courbe en cloche de décroissance du pétrole prédite par Hubbert.

En fait ce n’est pas exactement sa courbe. Dans les années 1970, les chocs pétroliers ont eu un effet très visible sur la courbe de production mondiale de pétrole. La demande a tellement baissé que l’épuisement du pétrole restant a été sensiblement ralenti par rapport aux prédictions de Hubbert, sans doute de plus de cinq années.

C’est notamment la conséquence des campagnes de « chasse au gaspi », de l’accélération du programme nucléaire, de la promotion du train grande vitesse, de l’optimisation de l’usage des sous produits du pétrole, notamment la promotion fiscale du diesel. De même on a cessé de brûler le gaz de pétrole, considéré comme un déchet, pour le valoriser (Gazoducs, GPL) ou pour le réinjecter dans les nappes afin de maintenir la pression.

Pareillement, chaque choc pétrolier contemporain repousse dans le temps l’épuisement du pétrole en même temps que la mise en exploitation de ressources jusque là non rentables (gaz, offshore profond, sables bitumineux, gaz de schiste…) ou un retour aux énergies historiques (biomasse, charbon) parfois à la faveur d’innovations (pellets).

En Finlande on roule à nouveau au gazogène.

La phase das laquelle nous nous trouvons est donc un plateau qui va se maintenir encore quelques années alors que Hubbert prédisait un rapide déclin.

Un plateau oscillant, c’est à dire avec des phases alternées de croissance et de récession économiques dont le rythme semble compris entre 3 et 5 ans.

Cette phase de stress économique à répétitions va exacerber les tentions domestiques et internationales ce qui va mettre à l’épreuve les constructions supranationales globalistes.

Des coups de boutoir répétés

Sou l’effet de ces premiers coups de boutoir, les premiers craquements se sont fait entendre et les failles principales apparaissent :

– Guerre des monnaies entre pays industriels,

– Guerre d’influence entre pays industriels et pays émergents,

– Tensions au sein des Unions Régionales entre les pays moteurs économiques et les pays satellites.

Ces coups de boutoirs font en particulier émerger les contradictions internes des 3 Unions Régionales, Union Nord Américaine, UE, Union(s) Asiatique(s).

Évolution en Europe.

Pour l’UE, c’est l’intégration régionale à marche forcée qui est le problème.

Cette construction forcenée a aboutit à la rigidité économique de l’Eurozone, façonnée selon le modèle allemand et imposé de façon irréaliste aux pays satellites de la périphérie de la zone.

Mais le problème est amplifié par étouffement social et démocratique du système du « déficit démocratique » qui est en réalité un dirigisme libéral reléguant la démocratie (indirecte et impuissante) à une offre de recours juridiques au sein des tribunaux européennes. Une vision procédurière et bourgeoise des rapports de forces sociaux qui exclue en pratique le peuple de toute expression de son insatisfaction.

L’histoire monte que cette forme de dirigisme libéral ne peut avoir que deux issues : la désintégration sociale (Weimar) ou la dictature (Mussolini, Salazar, Franco, Metaxa etc.), la voie sociale (front populaire) étant aujourd’hui exclue.

Pour comprendre cela il faut avoir à l’esprit que la haute fiance et l’industrie productiviste sont à bien des égards antagonistes.

La haute finance ponctionne une part de la plus-value qu’elle ne crée pas alors que l’industrie produit cette plus-value et se fait ponctionner.

Pour que la production se passe correctement il faut que l’ordre règne et pour la vendre il faut une certaine aisance sociale. Bref, le chaos ne favorise par l’industrie productiviste qui préfère un état ordonné, des prolétaires soumis et une classe moyenne consommatrice.

A l’opposé, la haute finance se fiche royalement de la situation sociale de la population. Son fonctionnement aboutit au contraire à un creusement entre les hauts et les bas revenus et à une concentration toujours plus grande des richesses entre les mains des grands financiers.

Le modèle caricatural de ce système « libéral » est l’Amérique latine : ou les très riches vivent dans des quartiers grillagée flanqués de miradors et les très pauvres dans des bidonvilles insalubres.

C’est cette opposition qui, conjuguée avec les rivalités nationales, a provoqué les deux premières guerres mondiales.

C’est particulièrement visible pour la 2eme guerre mondiale : Les industriels allemands ayant besoin d’un retour à l’ordre pour sortir de chaos de Weimar et éviter une révolution prolétaire ont soutenu Hitler qui a fait renter les ouvriers dans les usines et a relancé le productivisme par le réarmement. C’est ce qu’on appelait l’Ordre Économique Nouveau (Tiens, encore cette expression de Nouvel Ordre !).

L’idéologie Nazi a donné corps à l’ennemi financier en stigmatisant les juifs, éternellement caricaturé en usurier et coupable commode du chaos financier de Weimar.

Poussée à l’extrême l’idéologie productiviste allemande a généré les camps de travail (car c’était là leur but principal) où on pouvait lire Arbeit Macht Frei et dont la main d’œuvre idéale car réduite en esclavage au profit des gros industriels allemands.

C’est cette réalité industrielle productiviste qui a présidé au choix de la localisation des camps Nazis comme celui d’Auschwitz dont on ignore que le véritable nom est IG Farbenindustrie AG Auschwitz.

Face à cette barbarie industrielle, Churchill était le champion de la civilisation, mais aussi, d’un point de vue plus pragmatique de la City.

La situation actuelle est sensiblement différente :

La périphérie de l’UE sombre dans une situation à la Weimar alors que Bruxelles se crispe un régime de plus en plus antidémocratique.

A la faveur de la crise, l’UE va tenter de se doter les deux dernier attributs qui manquent à l’état fédéral : le trésor et l’impôt.

C’est le MES et le FESF qui vont permettre le transfert progressif des trésors nationaux et des dettes souveraines à l’état fédéral, au prétexte de résorber la dette.

Cette opération de vase communiquant ne résout en fait rien puisque il n’y a aucun apport d’argent frais, et qu’on compte juste emprunter sur les marchés avec effet de levier, donc continuer de s’endetter.

L’UE n’ayant pas de PIB (ce sont les états membres qui ont un PIB) et étant uniquement financée par le cheque des états membres, l’UE va se trouver rapidement dans une situation d’insolvabilité.

Les Eurocrates nous expliqueront alors que il faut donner à l’UE le droit régalien de lever l’impôt, en nous expliquant que ce ne sera pas douloureux car sont les contribuables européens qui paieront.

Or il n’y a pas de contribuables « européens ». Les tribuables, c’est toujours les citoyens des pays membres à qui on aura déjà fait avaler le remède de cheval de l’austérité.

Assommés par les impôts locaux, étranglés par l’austérité, submergé de nouvelles taxes et obligés de compenser la disparition des solidarités sociales (chômage, maladie, retraite…) les tribuables de certains pays ne pourront tout simplement pas cracher au bassinet et aucun banquier-premier ministre ne pourra les obliger à payer un argent qu’ils n’ont pas.

Le résultat est que l’Eurozone va éclater et que l’UE va être confrontée à la nécessite d’un choix entre la dictature ouverte et la réforme démocratique. Choix qu’elle va être incapable de prendre par nature, car derrière sa façade droits-de-l’hommiste elle cache son allégeance aux intérêts oligarchiques qui l’on conçue.

Cette situation génère une bombe sociale à retardement : La généralisation du mécontentement se focalisera sur le « machin » comme disait de Gaule, qui sera honni par les peuples qui ne croira plus que les pertes de souveraineté se justification par les promesses de lendemains qui chantent.

S’il ne se transforme pas en Union Soviétique Libérale, imposant des gouverneurs musclés dans toutes les marches de l’empire, l’UE se désagrégera d’abord par ses périphéries, comme l’Empire Romain, auquel, peut être, lui survivra un « Empire Byzantin » germanique.

Dans la partie qui ne se désagrège pas, les contrepouvoirs et les institutions historiques seront démantelées pour réduite le « mille-feuille administratif » trop couteux.

Les départements et les cantons disparaitront. La démocratie directe héritée de la révolution passera à la trappe et ne subsisteront que les élections régionales (scrutin indirect) et Européennes (sur liste) ce qui permettra de placer des apparatchiks à tous les postes décisionnels.

Il est vraisemblable que l’on transforme en sénat le parlement de Strasbourg et les Eurosénateurs seront également des apparatchiks élus de façon indirecte. Une fois cette réforme « démocratique » effectuée, ont donnera aux deux Eurochambres un semblant d’initiative législative.

La situation future aux USA

Aux USA, c’est le contraire. L’intégration régionale s’est laisser prendre de court par la crise.

L’union en est encore au stade de la CEE : La NAFTA (North American Free Trade Association).

L’intégration a été ralenties par plusieurs facteurs :

La mentalité patriotique d’un grand nombre d’états-uniens.

La lutte acharnée de l’élite politique canadienne contre la satellisation aux USA.

Les conséquences ingérables du dumping social brutal que représenterait l’union avec le Mexique.

De ce fait, l’agenda d’intégration régionale est un phénomène caché que l’élite n’aborde jamais publiquement et qui est devenu une bombe politique à retardement.

Les élites ne parviennent pas à « vendre » à l’opinion US le concept d’intégration régionale alors que le Nouvel Ordre Mondial ne posait pas tant de problèmes tant qu’il s’agissait d’un axe de la politique étrangère.

Cependant, l’opinion américaine a l’exemple de l’intégration européenne sous les yeux, en particulier la crise de l’Euro et le déficit démocratique.

Ce mauvais exemple va rendre la révélation progressive de l’agenda régional et le mécontentement sera d’autant plus généralisé que la situation économique désastreuse fera apparaître la suppression de la frontière avec le Mexique comme un apocalypse pour l’emploi aux USA.

C’est pourquoi elle se fera à l’occasion de la crise monétaire qui va éclater quand le dollar entrera en hyper-inflation. A ce moment, l’Union Nord Américaine et sa monnaie unique sera présentée comme la solution. Ce sera l’occasion d’une dévaluation massive qui va dégonfler l’insoutenable dette US.

Mais inévitablement cela engendrera une réaction patriotique chez de nombreux citoyens des USA, que la FEMA et le Pentagone ont déjà tout pouvoir pour réprimer grâce à la procédure de Continuity Of Government.

La procédure de Continuity Of Government n’est que partiellement connue car un certain nombre de décrets présidentiels qui en définissent les limites sont classés secret défense. Ceux qui sont publics permettent au Pentagone, via la FEMA, de suppléer les organes gouvernementaux habituels (congrès, administrations locales et fédérale) en cas de déclaration de catastrophe naturelle ou de crise économique. L’armée aura alors non seulement la change du maintien de l’ordre, mais tout pouvoirs sur la production du pays, le transport, le déplacement des populations, notamment dans des camps, l’interdiction de circuler ou d’accéder à certaines zones, le contrôle des moyens de communication (téléphone, internet, médias) et la réquisitions de tous sorte de biens (transports habitations, centrales etc)

Un ballon d’essais du dispositif a été testé à l’occasion de l’Ouragan Kathrina où la population a été parquée dans des conditions extrêmes dans le stade de la ville au lieu d’être évacuée.

Le principal obstacle identifié a été la réticence des soldats à contraindre leurs propres concitoyens.

C’est pourquoi des exercices de conditionnement ont été organisés, comme en septembre à Denver où l’ensemble des enfants scolarisés ont été rassemblés dans le stade de la ville lors d’un énorme exercice de « sécurité » très réaliste.

L’usage des stades comme centre concentrationnaire provisoire est une constate de la politique policière : Le vel-d’hiv en 1942, les stades du Chili en 1973.

Le risques principal de guerre civile vient du fait que les citoyens américains ont le droit constitutionnel de détenir des armes. C’est la raison pour laquelle l’état d’urgence n’a jamais été levé depuis le 11/9/2001.

La situation devrait atteindre un point critique avec l’adoption du dollar de l’Union Nord Américaine qui sera présenté comme la solution unique à la dette souveraine insoutenable (There Is No Alternative). Comme pour l’Euro, la monnaie unique permettra une dévaluation d’au moins 10% de la valeur du dollar. Une dévaluation qui devra être suffisamment grande pour permettre de tenir jusqu’à l’arrivée de la monnaie unique mondiale, sans doute vers 2030.

La situation en Asie.

J’ai déjà expliqué comment l’intégration dans le Nouvel Ordre Mondial de l’Asie n’est que partielle. Bien que membres de l’Organisation Mondiale du commerce, la Russie et la Chine n’ont pas réellement voie au chapitre sur la question de la monnaie unique mondiale et cherchent à avoir plus qu’un strapontin dans la gouvernance mondiale.

A cela s’ajoute la difficulté grandissante qu’auront les USA a faire face aux dépenses militaires de leurs corps expéditionnaires en Asie alors que la Chine et l’Iran modernisent sans cesse leur arsenal : porte-avion pour la Chine, satellites et arme nucléaire pour l’Iran. Course aux armement qui profite aussi aux autres pays, comme le Pakistan à qui la Chine fourni des chasseurs dernier cri.

Cela signifie que la fenêtre d’intervention militaire des USA est de plus en plus courte. Soi les USA renoncent à accéder à la Caspienne soit il le feront très vite. Ce qui explique que les jours du régime Syrien dernier allié arabe de l’Iran, soient comptés.

Mais derrière l’Iran se cachent les intérêts de la Russie et de la Chine, organisés en bloc depuis le traité de Shanghai et la constitution de l’OCS d’où les USA et le Japon ont été exclus.

C’est donc une intégration régionale dissidente qui se produit en Asie, dont les USA ne contrôlent pas l’évolution.

Cependant, face à ce bloc de Shanghai commence à se constituer un bloc islamiste à la faveur des révolutions du printemps arable dont les élections ont permis l’accès au pouvoir non pas des démocrates mais des Frères Musulmans et de ses alliés « intégristes modérés » qui vont utilement servir de relais aux USA.

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