Le monde qui vient 1ère partie

Le monde qui vient 1ère partie

J’ai publié un certain nombre d’articles sur la situation de l’économie mondiale, la géopolitique, ainsi que des analyses de la crise. De nombreux lecteurs m’ont alors demandé «  mais alors qu’est-ce qui va se passer ?« . Je ne prétends pas être devin, mais il est possible de prédire au moins ce qui a été prévu par ceux qui ont les moyens d’influer sur les choses et les utilisent. Même si l’histoire n’est jamais écrite à l’avance. Voici donc une suite d’articles qui se veulent synthétiques. Je peux les publier aujourd’hui car il me semble que les temps ont changés et que les accusations de complotisme qu’ils auraient inévitablement attiré naguère ne seront plus de mise depuis que nos amis banquiers centraux ont pris le pouvoir ouvertement en Grèce comme en Italie, mettant fin à l’ostracisation de ceux qui, comme moi, annonçaient leur arrivée imminente aux commandes…

La fin de la croissance – Les Banquiers contre le Capitalisme C’est inévitable. Ça l’a toujours été. Sur une planète finie il y a forcément une limite à la croissance économique. L’industrialisation nous a permis de foncer tête baissée vers cette limite sur les deux derniers siècles. La production est devenue de plus en plus efficaces, les marchés sont devenus de plus en plus globaux, et finalement le paradigme de la croissance perpétuelle a atteint le point paroxystique après lequel le rendement décroit. Cette réalité a pleinement été comprise dans les années 1970 suite aux études du MIT qui ont abouti à la création du Club de Rome, un des événements les plus significatifs -et pourtant considérablement négligé- de l’Histoire humaine. imageDepuis lors le capital n’a pas tant cherché la croissance grâce à une production accrue, mais plutôt par l’extraction des rendements plus élevés malgré des niveaux de production relativement stagnants. Par le truchement de la mondialisation, qui a permis le déplacement de la production vers les zones à bas salaire, offrant des marges de profit plus élevé. Mais aussi par la privatisation, qui transfère à des investisseurs privés des flux de revenus qui, auparavant, profitaient aux trésors nationaux. Et enfin aussi par les marchés dérivés et les marchés de devises, qui créent l’illusion électronique de la croissance économique, sans véritablement produire quoi que ce soit dans le monde réel. Depuis près de quarante ans, le système capitaliste a été entretenu par ces divers mécanismes, dont aucun n’a été productif au sens réel du mot. Et puis en Septembre 2008, ce château de cartes s’est effondré, tout d’un coup, jetant le système financier mondial à genoux. http://www.manicore.com/documentati… Si l’on étudie l’effondrement des civilisations, on apprend qu’une civilisation qui ne parvient pas à s’adapter disparait. Est-ce qui arrive à notre civilisation ? Nous avons eu deux siècles de croissance réelle, où la croissance dynamique du capitalisme était en harmonie avec la réalité de la croissance industrielle. Puis nous avons eu quatre décennies de croissance artificielle – le capitalisme étant soutenue par un château de cartes. Et maintenant, après que le château de cartes se soit effondré, tout les efforts politiques convergent apparemment pour permettre une reprise de cette fameuse croissance. Pour un observateur extérieur, notre situation semblerai illustrer parfaitement l’incapacité à s’adapter d’une civilisation en plein effondrement. Une telle impression serait en partie juste mais en partie seulement. Afin de comprendre notre situation réelle nous devons faire une distinction claire entre l’élite capitaliste et le capitalisme lui-même. Le capitalisme est un système économique tirée par la croissance, l’élite capitaliste sont les gens qui ont réussi à prendre le contrôle du monde occidental, à l’occasion des deux derniers siècles d’exploitation capitaliste. Le système capitaliste a dépassé sa date de péremption, et les élites capitalistes en ont eu conscience puis suffisamment de temps pour s’y s’adapter. Le capitalisme n’est pas une idéologie politique au sens marxiste du terme. C’est un système économique dérivant de la structuration des états-nations, système qui a contribué à amener un tout petit nombre d’individus à un pouvoir absolu. Mais il serait trompeur de penser que ces derniers ressentent une quelconque loyauté envers le système ou le pays qui a édifié ce système. Cette élite raisonne à l’échelle mondiale, considérant les nations et les populations comme des pions, et maitrisent les monnaies à leur avantage. L’argent, n’a plus rien à voir avec ce que nous croyons qu’il est, un titre équivalent à une valeur tangible comme une certaine quantité de métal précieux. C’est ainsi qu’on a pu voir de états dont les caisses étaient prétendument vides annoncer des aides de milliards de dollars sortis du chapeau pour renflouer les banques en 2008. Non, ce que ces élites cherchent à perpétuer, ce n’est pas le capitalisme, c’est leur domination du monde. Le capitalisme les y a aidé tant que nous étions dans une ère de croissance rapide. Pour l’ère de décroissance qui vient de nouvelles règles sont en préparation. Ainsi, le capitalisme n’a pas été autorisé à mourir d’une mort naturelle. Bien au contraire, il a été abattu par une démolition contrôlée. Dans un premier temps il a été mis sous assistance respiratoire, avec la mondialisation, la privatisation des marchés de devises, et la liquidation du tissu industriel. Maintenant, il est euthanasié, à coup de bulles spéculatives immobilières et des dérivés toxiques qui finissent de piller les richesses restantes. Enfin, la Banque des Règlements Internationaux à Bâle – la banque centrale des banques centrales – a débranché les systèmes de maintient de vie en déclarant que c’était aux marchés de tout réguler de sorte que toutes les banques et établissement financiers détenteurs de dette se retrouvent instantanément dans une situation d’insolvabilité à cours terme. Même s’il a fallu un certain temps pour que cela devienne évident, il apparait maintenant que chaque étape de ce processus a été soigneusement planifiée et gérée par la clique des banques centrales. La fin de la souveraineté – Restauration de la féodalité. Tout comme l’effondrement financier a été gérée avec soin, le scénario post-effondrement, avec ses programmes de renflouement suicidaire est également minutieusement planifié. Les budgets nationaux sont déjà surchargés. Le bon sens le plus élémentaire permet de voir qu’ils n’ont certainement pas les réserves disponibles pour sauver une succession de banques insolvables. Ainsi, les mécanismes automatiques et contraignants qui ont été mis en place comme le MES européen engagent les états à renflouer des dettes astronomiques par des gouvernements déjà endettés de façon colossale auprès de ces mêmes banques. Pour qu’il puisse fonctionner ce système de sauvetage, devra donc emprunter de l’argent au même système financier qu’il sert à renflouer ! Too Big to fail ? L’expression est trompeuse : Ce ne sont pas les banques qui sont trop grosses pour faire faillite, c’est que le pouvoir de l’élite est trop puissants pour que les états parviennent à leur résister : ils ont fait une offre aux politiciens que ces derniers ne pouvaient refuser. Aux États-Unis, le Congrès a été convaincu que faute de voter le sauvetage des banquiers, la loi martiale serait décrétée le lendemain matin. En Irlande, les ministres ont prétendu qu’il y aurait le chaos financier et des émeutes dans les rues. Mais en réalité, et l’Islande l’a démontré, la façon raisonnable de traiter avec les banques insolvables était avec un processus ordonné de mise sous tutelle. L’effet des sauvetages sous la contrainte a été de transférer l’insolvabilité des banques aux trésors nationaux. Les dettes bancaires ont été transformées en dettes souveraines et ont aggravé les déficits budgétaires. Maintenant, et c’était tout à fait prévisible, ce sont les nations qui cherchent un plan de sauvetage, et ceux qui viennent les renflouer assortissent leur concours à des conditions. Au lieu que ce soient les banques qui soient mises sous tutelle, ce sont les nations qui sont mises sous la tutelle des banquiers. Dans son livre, Confessions d’un tueur à gages économique, John Perkins explique comment le tiers-monde a été contrainte au cours des dernières décennies – grâce à des pressions et des ruses de toutes sortes – à la servitude par une dette perpétuelle. Par leur conception même, ces dettes ne pourront jamais être remboursées. Au lieu de cela, ces dettes devront être périodiquement financés, et chaque tour de refinancement enterre la nation plus profondément dans la dette – ce qui oblige la nation à se soumettre aux diktat de plus en plus drastique du FMI. Avec l’effondrement financier orchestré, et l’escroquerie du « too big to fail« , les banquiers ont désormais franchi le Rubicon : Ils opèrent maintenant chez nous et non plus seulement dans le tiers monde. Dans l’UE, le premier rang des nations à s’effondrer sont les soi-disant PIGS (porcs) – Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne. La fiction, selon laquelle les PIGS peuvent supporter les plans de sauvetage, est basé sur l’hypothèse que l’ère de la croissance sans limite va reprendre. Mais les banquiers eux-mêmes savent très bien que cela ne va jamais se produire. Finalement, les porcs seront forcés à faire défaut, et ensuite le reste de l’UE aussi, tout cela faisant partie d’un projet de démolition contrôlée à l’issue de laquelle plus aucun des pays membres ne sera souverain. Quand une nation succombe à la servitude pour dettes, elle cesse d’être une nation souveraine, régie par ses processus politiques internes. Au contraire, elle passe sous le contrôle des diktats du FMI ou dans le cas européen d’une troïka FMI, BCE, Commission. Comme nous l’avons vu dans le tiers monde, comme cela se passe aujourd’hui en Europe, ces diktats imposent tous l’austérité et la privatisation. La fonction publique est éliminée ou privatisée, et les biens nationaux sont vendus. Progressivement – et c’est encore une démolition contrôlée – l’État-Nation est démantelé. En fin de compte, il ne reste plus que les moyens de répression policière que le gouvernement retourne contre sa propre population et la collecte des impôts qui servent à payer le tribut aux banquiers. En fait, le démantèlement de l’État-nation a commencé bien avant l’effondrement financier de 2008. Aux États-Unis et la Grande-Bretagne, il a commencé en 1980, avec Reagan et Thatcher. En Europe, il a débuté en 1988, avec le traité de Maastricht. La mondialisation n’a fait qu’accélérer le processus de démantèlement, avec l’exportation d’emplois et l’industrie, les programmes de privatisation, les accords « libre échange », et la déréglementation imposée par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les événements survenus depuis 2008 ont encore davantage accéléré un processus qui était déjà bien engagé. Avec l’effondrement, les sauvetages, et impossibilité totale de poursuivre n’importe quel type de programme de relance efficace, les signaux sont très clairs : le système est destiné à s’effondrer totalement, ouvrant ainsi la voie à une « solution » prédéfinie. Comme l’État-nation est en cours de démantèlement, un nouveau régime de gouvernance mondiale est en cours de création pour le remplacer. Comme nous pouvons le voir avec l’OMC, FMI, Banque mondiale, et les autres morceaux du gouvernement mondial embryonnaire, le nouveau système mondial ne fera pas de prétentions sur la représentation populaire ou processus démocratique. L’ordre régnera par le biais des bureaucraties autocratiques mondiales, qui prennent leurs ordres, directement ou indirectement, du cartel bancaire.imageVoir à ce sujet l’excellent documentaire de la servitude moderne de Jean-François Brient http://www.agoravox.tv/actualites/s… Dans son livre, La Mondialisation de la pauvreté, Michel Chossudovsky explique comment la mondialisation, et les actions du FMI, généralisent une pauvreté massive dans le tiers monde ces dernières décennies. Ces mêmes « solutions » sont maintenant préconisées dans le monde industrialisé, avec des plans d’austérité dramatiques qui vont suivre à l’effondrement et les opérations de « sauvetage ». Le projet de création de la pauvreté a maintenant franchi le Rubicon. Dans ce nouveau système mondial, il y aura pas de classe moyenne prospère. En effet, le nouveau régime va beaucoup ressembler à l’ancien régime de la royauté et du servage. Les banquiers sont la nouvelle famille royale, avec le monde entier est leur fief. Les technocrates qui dirigent les bureaucraties mondiales, et les mandarins qui se présentent comme des politiciens dans les pays résiduels, sont de la classe privilégiée supérieure. Le reste d’entre nous, l’écrasante majorité, nous retrouverons dans le rôle de serfs pauvres – si nous sommes assez chanceux pour faire partie des survivants du processus d’effondrement. « Aujourd’hui les Américains seraient indignés si les soldats de l’ONU entraient à Los Angeles pour rétablir l’ordre, demain ils en seront reconnaissants. Cela serait particulièrement vrai si on leur disait qu’il existe une menace extérieure à notre monde, qu’elle soit réelle ou inventée, qui mettrait en péril notre existence même. C’est alors que tous les peuples du monde prieront les leaders mondiaux de les délivrer de ce mal. La seule chose que chaque homme craint est l’inconnu. Lorsqu’on leur aura présenté ce scénario, les droits individuels seront volontairement abandonnés pour la garantie du bien-être qui leur sera accordée par leur gouvernement mondial. » – Henry Kissinger – Allocution faite à Evian, en France, le 21 mai 1992 à la réunion du groupe Bilderberg.

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