Agenda 21 : le Nouvel Ordre Mondial en marche

Stuttgart était jusque là une ville tranquille. Pourtant  sa population, plutôt bourgeoise, est en révolte contre les projet de la municipalité de transformer la gare centrale de la ville. C’est la première révolte contre l’Agenda 21.

Stuttgart21-16d01-0b821l’agenda 21 n’est pas apprécié des écolos…

Sa portée n’a pas été bien comprise en 1992, pourtant l’Agenda 21 est le premier agenda politique mondial destiné à façonner le XXIe siècle.

Loin des projecteurs et sans débat public, ce rouleau compresseur se déploie à tous les échelons de l’administration globalisée, de l’ONU jusqu’aux moindres communes pour changer les moindres aspects de votre vie et vous n’en savez rien.

L’Agenda 21 (ou Action 21) est le plan d’action pour le XXIe siècle adopté par 173 chefs d’État lors du sommet de la Terre, à Rio, un an après que G Bush père ait décrété l’objectif d’établir un Nouvel Ordre Mondial.

Pour en saisir la portée il faut en lire le préambule :

 « L’humanité se trouve à un moment crucial de son histoire. Nous assistons actuellement à la perpétuation des disparités entre les nations et à l’intérieur des nations, à une aggravation de la pauvreté, de la faim, de l’état de santé et de l’analphabétisme, et à la détérioration continue des écosystèmes dont nous sommes tributaires pour notre bien-être. (…). Aucun pays ne saurait réaliser tout cela à lui seul, mais la tâche est possible si nous œuvrons tous ensemble dans le cadre d’un partenariat mondial pour le développement durable. »

Deux notions essentielles pour comprendre l’évolution politique du XXIe siècle sont admises par la communauté internationale pour la première fois dans ce préambule :

La rupture historique inédite.

L’impuissance des états-nations.

Évidemment, me direz vous, tout cela ne concerne que l’environnement. C’est chouette de se préoccuper de l’environnement non ? Avant les politiques s’en moquaient. L’agenda 21 est donc un bienfait pour l’humanité.

Je n’en suis pas si sur.

Effectivement l’environnement est un enjeu majeur et il était temps que les politiques le comprennent, mais nous sommes dans un contexte effectivement particulier.

Le XXIe siècle est celui de l’épuisement des énergies fossiles. Nous avons atteint depuis 2006 ou 2009 le pic de production mondial de pétrole. A l’avenir l’offre de pétrole ne contentera plus la demande.

Nous sortons donc de l’époque de l’énergie bon marché.

Il ne s’agit pas uniquement d’une question environnementale. C’est toute la structure de la société industrielle, basée sur une consommation d’énergie en croissance exponentielle,  qui est remise en question.

Les chefs d’état ne l’ignoraient pas en 1992.

Leur réponse à ce changement majeur de la société est supposé être le « développement durable », qui comme on le voit ne concerne pas que la protection de l’environnement mais concerne tous les aspects de la société, l’industriel, l’économie mais aussi son organisation politique.

Et quand on parle de faire évoluer  l’organisation politique de la société, une question légitime devrait immédiatement surgir, en tous cas pour nous citoyens : celle de la démocratie.

Que met en place l’Agenda 21 ?

obey-giant-hostile-takeover-93352-150bfC’est donc dans ce premier agenda politique global qu’apparaît le terme de « développement durable* », expression ambigüe et paradoxale, mais qui va devenir, sans le moindre débat démocratique, le fondement idéologique  de la mise en chantier d’une gouvernance mondiale, objectif inavoué à l’époque mais désormais présenté comme la solution unique et incontestable à tous nos maux.

Les principes évoqués dans l’Agenda 21 ne sont pas critiquables en soi. Il s’agit d’intégrer la protection de la nature dans l’action politique et économique humaine.

Cela est fort louable , le but est noble et légitime.

Ce qui est plus surprenant c’est le model opératoire nouveau et la structuration politique qui découlent de cet agenda et qui en font un outil majeur de la mise en place de la gouvernance mondiale, dont la légitimité et la noblesse sont bien plus critiquable.

Une action pyramidale

Décidé en haut lieu par les chefs d’état et l’ONU, l’Agenda 21 s’impose du sommet à toute la pyramide administrative.

L’agenda 21 en France : http://www.agenda21france.org/

Les collectivités territoriales sont appelées, dans le cadre du chapitre 28 de l’Agenda 21, à mettre en place un programme d’Agenda 21 local. Googlez Agenda 21, et vous obtiendrez des milliers de sites locaux dans toutes les langues connues.

Le dispositif est titanesque. Des sommes considérables sont investies pour l’implémentation de l’agenda 21 dans la moindre bourgade.

Faute de légitimité démocratique, les collectivités ont recours à une campagne de promotion propagandiste qu’on croirait parfois destinée à des enfants de maternelle pour faire croire que les citoyens ont avalisés ce programme politique.

Voici un exemple de cette propagande proposée par la ville de Bezon :
L’Agenda 21 à quoi ça sert ? Episode 1 : Imaginer par Pouly

On se doute bien que l’ONU n’a pas mis en place un programme aussi colossale pour qu’on décide de l’avenir d’un terrain vague à Bezon. La municipalité de Bezon s’occupait déjà de ce genre de chose auparavant.

Le cas de Stuttgart : Nein !

Pour mieux comprendre les enjeux, il faut quitter le piaf de Bezon pour s’intéresser à ce qui se passe à Stuttgart, car comme vous l’avez compris, l’Agenda21 est mondial et se déploie donc aussi en Allemagne.

tchoutchou-fd5c6-5312bLe 30 septembre 2010 des milliers de personnes se sont mobilisées contre le projet de la nouvelle gare de Stuttgart.

Le rassemblent visait à empêcher l’abattage des arbres du Schlossgarten, le parc central de la ville. La foule était plutôt composée de bourgeois, assez âgés et calmes dans une ambiance bon enfant.

Pourtant la police est passée à l’action à coup de canons à eau et de gaz lacrymogènes.

C’est que les politiques ne veulent pas reculer : le chantier fait partie du programme Stuttgart21, l’implémentation locale de l’agenda 21.

Depuis la mobilisation ne baisse pas. Les manifestations on lieu deux fois par semaine les lundi et samedi après-midi et attirent de plus en plus de monde, jusqu’à 25 000 personnes.

Les protestataire réclament un référendum. Les militants du Kopfbahnhof 21 (K21), un collectif crée pour proposer une alternative à Stuttgart 21, se relaient 24 heures sur 24 pour tenir un stand d’information devant la gare. Et tous les jours, autour de 19 heures, c’est la minute « Schwabenstreich » : pendant 60 secondes, les anti-S21 sortent à leurs fenêtres avec des sifflets et des casseroles et font autant de bruit que possible

Quel rapport entre la protection de l’environnement et la gare de Stuttgart me direz vous ?

Et bien c’est là le problème. La réalité du « développement durable » issu de l’agenda 21 est pour le moins assez éloignée de la problématique d’origine. Il est surtout l’occasion de mettre en place des projets industriels pharaoniques en ayant recours aux désormais célèbres partenariats public-privé dont l’intérêt environnemental reste discutable (à défaut d’avoir été discuté)

La nouvelle gare souterraine « transverse » (l’ancienne était en cul de sac) et ses 60 km de tunnels est censée placer Stuttgart au cœur des échanges avec l’Europe de l’est, dans le cadre la nouvelle Ligne à grande vitesse est européenne

Une gare que la municipalité promet « optimisée, rapide, flexible et irrémédiable » surtout en ce qui concerne son coût délirant de 4,5 milliards d’Euros.

stuttgart_HA_Hambur_308724b-9e0ee-b7c6dL’affaire a fait basculer la région entre les mains des Verts lors des dernières élections. Stuttgart montre le véritable visage du « développement durable » façon gouvernance mondialisée.

Un développement industriel ruineux, ou l’argent public coule à flots dans les poches des industriels, aux orientation prises sans concertation et imposés par la violence en cas de contestation. Un développement pour les intérêts privés qui vont hériter des infrastructures alors que les citadins de Stuttgart héritent de la dette.

Le pire est que ce « virage historique » ne répond en rien aux préoccupations légitimes du sommet de Rio.

Alors quoi faire ?

Le véritable enjeu n’est pas de multiplier les investissements ruineux ni de faire culpabiliser les consommateurs sur leurs habitudes.

Le véritable enjeu est de sortir d’une industrie du gaspillage, basée sur l’obsolescence des produits.

L’exemple le plus parlant est celui des ampoules électriques.

l’ampoule centenaire de Livermore

centennial-light-bulb-f75a0-f1abdRéunis dans le « cartel de Phœbus » fondé vers 1925 les fabricants d’ampoules on limité artificiellement la durée de vie des ampoules à 1000 heures pour s’assurer un marché de renouvellement régulier.

Au lieu de légiférer pour rendre cette pratique hors la loi, l’UE, en application de l’agenda21 vient de rendre obligatoire les ampoules à basse consommation.

Résultat, la vielle ampoule à filament a disparu, remplacée par des mini néons, à la fabrication énergivore, fragiles, rayonnants et polluants.

Pour une économie d’énergie qui reste virtuelle en particulier pour tout ceux qui se chauffent à l’électricité.

Les mesures à prendre sont pourtant connues. C’est sur les industriels que doivent porter les obligations :

Interdire l’obsolescence programmée des appareils que ce soit par effet de mode (vêtements, voitures), par usure programmée (mobiles, électroménager) ou par programmation (imprimantes).

Il faut interdire la production des produits à usage unique et des appareils additifs comme les expresso à capsules.

Il faut interdire les emballages jetables non recyclables et non biodégradables.

En bref, il faut remettre en cause la société de surconsommation.

On comprends quels obstacles majeurs s’opposent à ce type de mesures :
Comment ? Empêcher les effets de mode ?
Mais alors il faut arrêter de faire de la pub ?
Mais alors il faut revoir le financement des médias !

Oui, ce n’est pas juste une affaire d’industrie, c’est le mode de vie et l’organisation de la société qui est en cause. C’est pourquoi cette réforme profonde ne peut venir d’en haut. Elle doit être portée par les citoyens et les citoyens doivent faire valoir que c’est leurs intérêts qui doivent être pris en compte en priorité en non ceux des banques et des industriels.

*En parallèle à l’Agenda 21, une déclaration sur l’environnement et le développement a été adoptée. Elle énumère 27 principes à suivre pour la mise en œuvre l’Agenda 21. http://www.un.org/french/events/rio…

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